La ville d’Uvira, au Sud-Kivu, a connu un important ralentissement de ses activités socio-économiques ce mercredi 5 août 2026. À l’appel de la Nouvelle Société Civile Congolaise (NSCC), axe Sud, une grande partie de la population a observé une journée « ville morte » pour dénoncer la détérioration persistante de la situation sécuritaire dans les Hauts et Moyens Plateaux des territoires d’Uvira, Fizi et Mwenga, où les affrontements se poursuivent entre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), les Volontaires pour la défense de la patrie (Wazalendo) et la coalition Alliance Fleuve Congo – Mouvement du 23 Mars (AFC-M23).
Dès les premières heures de la matinée, la plupart des activités économiques sont restées à l’arrêt. Les commerces, banques, dépôts, marchés et plusieurs autres services n’ont pas ouvert leurs portes, tandis que la circulation des motos et des véhicules est demeurée fortement réduite dans plusieurs quartiers de la ville.
Le rapporteur de la NSCC, Rashidi Mastaki, s’est félicité de la forte adhésion de la population à cette initiative citoyenne.
« La population a répondu massivement à notre appel. Les activités étaient paralysées, il n’y avait pas circulation des motos ou véhicules, les banques sont restées fermées, y compris les dépôts et d’autres activités habituelles », a-t-il déclaré à La Prunelle RDC.
Selon lui, cette mobilisation s’est déroulée entre 5 heures et 17 heures. Les principaux points stratégiques de la ville, notamment le Monument, Kawizi, Kalundu, Kalimabenge, Nyamianda jusqu’à Mulongwe Centre, ont enregistré une faible affluence, témoignant du respect du mot d’ordre lancé par la société civile.
Malgré cette mobilisation, les organisateurs n’ont pas pu remettre leur mémorandum aux autorités provinciales. La fermeture des bureaux administratifs durant cette journée a empêché cette démarche, qui devait porter les principales revendications des acteurs sociaux.
Pour Mafikiri Mashimango, l’ampleur de la participation démontre l’inquiétude grandissante de la population face à l’évolution de la situation sécuritaire dans cette partie du Sud-Kivu. Il avertit que d’autres actions citoyennes pourraient être organisées si les préoccupations exprimées ne reçoivent pas de réponses satisfaisantes.
« Le premier objectif était d’exiger au gouvernement congolais de doter les FARDC-Wazalendo d’équipements modernes pour la défense de l’intégrité territoriale. L’autre objectif consistait à dénoncer le silence et l’hypocrisie de la communauté internationale face à la détérioration de la situation sécuritaire, malgré les différents accords conclus entre les gouvernements de la République démocratique du Congo et du Rwanda », a-t-il déclaré sur Top Congo FM.
À travers cette action, la Nouvelle Société Civile Congolaise entend attirer l’attention des autorités nationales sur l’urgence de renforcer les capacités opérationnelles des forces engagées sur les lignes de front. L’organisation appelle le gouvernement à fournir aux FARDC et aux Wazalendo les moyens logistiques et les équipements nécessaires afin de contenir l’avancée des groupes armés dans les Hauts et Moyens Plateaux.
La structure citoyenne invite également les militaires des FARDC ainsi que les Volontaires pour la défense de la patrie (Wazalendo) à s’abstenir de toute forme de collaboration avec des groupes armés, estimant qu’une telle attitude serait contraire aux intérêts de la défense nationale.
Cette journée de protestation intervient alors que les affrontements se poursuivent dans plusieurs localités des territoires d’Uvira, Fizi et Mwenga, entraînant de nouveaux déplacements de populations et une aggravation de la crise humanitaire dans cette partie de la province.
Si les autorités politico-administratives continuent d’assurer que la situation demeure sous le contrôle de l’armée loyaliste, les organisations de la société civile estiment, pour leur part, que le dispositif actuel doit être renforcé afin de répondre efficacement à ce qu’elles qualifient d’avancée des éléments de la coalition AFC-M23, soutenue par le Rwanda selon plusieurs rapports des Nations unies.
Pour de nombreux acteurs locaux, cette journée « ville morte » constitue un message fort adressé aux autorités nationales et à la communauté internationale. Ils appellent à des actions concrètes pour rétablir durablement la paix et la sécurité dans l’Est de la République démocratique du Congo, estimant que la population d’Uvira ne peut plus rester spectatrice face à la dégradation continue de la situation sécuritaire.
