Un collectif d’acteurs sociopolitiques et de personnalités « ayant choisi de demeurer aux côtés de la population lors de l’entrée de l’AFC-M23 dans la ville de Bukavu » a rendu publique, ce vendredi 24 juillet 2026, une déclaration politique dans laquelle il salue l’adhésion du Président de la République, Félix Tshisekedi, à l’initiative de dialogue national portée par la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et l’Église du Christ au Congo (ECC).
Dans cette déclaration, les signataires rappellent que leur prise de position intervient dans un contexte marqué par « la crise sécuritaire, humanitaire et institutionnelle qui frappe l’Est de la République démocratique du Congo depuis plusieurs décennies » ainsi que par « les souffrances immenses endurées par les populations de Bukavu et de l’ensemble des provinces affectées par les conflits armés ». Ils réaffirment également leur soutien à l’initiative de dialogue menée par la CENCO et l’ECC sous la conduite du cardinal Fridolin Ambongo.
Dans le premier point de leur déclaration, les signataires disent « prendre acte et saluer la décision du Président de la République d’adhérer enfin à l’initiative de dialogue proposée par la CENCO et l’ECC ».
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Ils ajoutent : « Nous espérons que cette adhésion marque l’avènement d’une nouvelle dynamique fondée sur l’écoute mutuelle et la recherche sincère de solutions durables. »
Pour le collectif, cette décision constitue une opportunité susceptible de favoriser la recherche d’une solution politique à la crise qui affecte l’Est du pays.
Les signataires expriment ensuite leur reconnaissance envers les deux principales confessions religieuses à l’origine de cette initiative de paix.
« Nous exprimons notre profonde reconnaissance à la CENCO et à l’ECC pour leur patience, leur persévérance et leur sens élevé de responsabilité face aux nombreuses incompréhensions et résistances rencontrées dans leur mission de médiation. »
Selon eux, ces efforts de médiation méritent d’être soutenus par l’ensemble des acteurs nationaux.
Le collectif réaffirme sa conviction que seule une solution politique inclusive permettra de mettre fin aux conflits.
« Nous réaffirmons notre conviction qu’aucune paix véritable et durable ne pourra être obtenue en dehors d’un dialogue franc, sincère, inclusif et débarrassé de toute logique d’exclusion. »
Ils poursuivent en invitant « toutes les composantes de la nation, politiques, sociales, religieuses et communautaires à participer à ces assises dans un esprit de dépassement et de responsabilité ».
Dans le quatrième point de leur déclaration, les membres du collectif s’adressent directement à l’AFC-M23.
« Nous lançons un appel particulier à l’AFC-M23 qui a toujours prôné le dialogue depuis le début de cette crise, afin qu’elle saisisse cette occasion historique pour prendre part, sans réserve, à un processus devant conduire à la pacification totale de notre pays, au rétablissement de la confiance entre les Congolais et à la reconstruction du tissu national. »
Le collectif revient ensuite sur le choix de ses membres de demeurer à Bukavu lors de l’entrée de l’AFC-M23 dans la ville.
« Nous rappelons qu’au moment où notre ville traversait l’une des périodes les plus sombres de son histoire récente, nous avons choisi de rester aux côtés de nos populations, partageant leurs angoisses, leurs privations et leurs incertitudes. »
Ils estiment que cette proximité leur donne une meilleure compréhension de la situation.
« Ce choix, motivé par le sens du devoir et la solidarité, nous confère aujourd’hui une connaissance directe et profonde des réalités vécues par nos concitoyens. »
Les signataires annoncent également leur volonté de soumettre un cahier des charges reprenant les principales revendications de la population.
« Forts de notre proximité avec les populations, nous entendons soumettre un cahier des charges sérieux reflétant leurs aspirations, notamment le retour durable de la paix et de la sécurité, la protection des personnes et de leurs biens, le retour des déplacés, la reconstruction économique, la réconciliation nationale, la bonne gouvernance, la cohabitation pacifique entre différentes communautés, etc. »
Et de poursuivre : « ayant partagé les souffrances du peuple, c’est un devoir moral pour nous de participer à la recherche de la paix. »
Enfin, les membres du collectif invitent les différents acteurs à privilégier le dialogue.
« Nous encourageons toutes les parties prenantes à privilégier la retenue, l’écoute et la recherche d’un dialogue constructif dans l’intérêt supérieur de la Nation et de nos populations. »
Et d’ajouter :
« Nous souhaitons que toute la classe politique congolaise et sociale y prenne part active dans un climat de respect mutuel. »
Enfin, les signataires rendent hommage à la résilience de la population congolaise.
« Enfin, tout en félicitant notre peuple pour son courage et sa résilience, nous réitérons notre engagement à accompagner toute initiative sincère en faveur de la paix, de la cohésion nationale et du vivre-ensemble, convaincus que seul un sursaut collectif permettra à notre pays de retrouver la stabilité, la sécurité et la prospérité auxquelles il aspire. »
Cette déclaration est signée par plusieurs acteurs sociopolitiques et personnalités de Bukavu, notamment Idée Bakulu Magadju, Danny Mapenzi, Blaise Maseka, Marcellin Amani Bahaya et d’autres membres du Collectif.
