À Kamanyola, dans le territoire de Walungu (Sud-Kivu), les grandes vacances scolaires sont loin d’être une période de repos ou de loisirs éducatifs pour de nombreux enfants. Faute d’encadrement, beaucoup passent leurs journées dans les rues, sur les routes ou au bord des rivières, une situation qui préoccupe les parents, les enseignants et les acteurs de la protection de l’enfance.

Loin des salles de classe, plusieurs enfants sont contraints d’exercer de petits travaux pour aider leurs familles, tandis que d’autres errent dans les quartiers sans aucune surveillance, s’exposant à de multiples dangers.

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Au cours d’une enquête réalisée à Kamanyola, La Prunelle RDC a constaté que de nombreux enfants occupent leurs vacances à transporter des marchandises à vélo, à chercher de l’eau ou du bois de chauffe, à garder des chèvres ou simplement à jouer dans les rues.

D’autres passent plusieurs heures le long des axes routiers très fréquentés par les motos, les vélos et les véhicules, augmentant ainsi les risques d’accidents.

Dans les villages de Rubumba, Kafunda, Kashenyi et Kambara, plusieurs enfants se rendent quotidiennement au bord des rivières Ruzizi et Luvungi pour se baigner ou pêcher, souvent sans la présence d’un adulte.

Pour les acteurs de la protection de l’enfance, cette absence de surveillance expose les enfants aux noyades, aux accidents et à diverses formes de violence.

Au-delà des risques physiques, les éducateurs s’inquiètent des conséquences de ce manque d’encadrement sur le développement des enfants.

Selon plusieurs enseignants interrogés, les vacances ne devraient pas constituer une rupture totale avec les apprentissages.

Ils estiment qu’une longue période sans activités éducatives favorise progressivement la perte des habitudes acquises à l’école et peut exposer certains jeunes à des comportements à risque, notamment la délinquance, les vols, la consommation d’alcool ou de drogues.

Pour de nombreuses familles, cette situation est avant tout la conséquence de la précarité.

La plupart des parents quittent leur domicile dès les premières heures de la journée pour chercher les moyens de subvenir aux besoins de leur ménage. Faute de ressources financières, ils ne peuvent ni inscrire leurs enfants à des activités de vacances ni assurer une surveillance permanente.

Les enfants passent ainsi une grande partie de la journée sans accompagnement.

Un récent accident illustre les risques auxquels ils sont exposés. À Kamanyola, un enfant âgé de deux ans, laissé sans surveillance, est tombé dans une fosse d’environ cinq mètres creusée pour la construction d’une latrine. Il a été secouru de justesse.

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Notre enquête révèle également que les structures d’encadrement qui accueillaient autrefois les enfants pendant les vacances sont aujourd’hui beaucoup moins nombreuses.

Si les causes exactes de cette diminution restent à établir, plusieurs observateurs estiment que la crise sécuritaire et humanitaire qui affecte l’est de la République démocratique du Congo a contribué à réduire les financements consacrés aux programmes de protection de l’enfance.

Les écoles, elles aussi, interrompent généralement leurs activités dès la fin de l’année scolaire.

Interrogé par La Prunelle RDCChristian Bugembe, enseignant du secondaire et assistant social, estime que les établissements scolaires disposent rarement des moyens nécessaires pour organiser des activités pendant les congés.

« Plusieurs écoles ne disposent pas des ressources nécessaires pour organiser un programme d’encadrement pendant les vacances. Le faible financement du secteur de l’éducation ne permet pas d’assurer à la fois les cours et des activités de vacances », explique-t-il.

Il appelle les autorités, les organisations humanitaires, les écoles et les structures communautaires à relancer les programmes d’encadrement destinés aux enfants durant cette période.

Pour les spécialistes de l’éducation, les vacances scolaires devraient être mises à profit pour développer les talents des enfants, renforcer leurs connaissances et promouvoir des activités sportives, culturelles et éducatives.

À Kamanyola, plusieurs acteurs locaux estiment qu’une mobilisation conjointe des familles, des écoles, des autorités publiques et des partenaires est indispensable afin d’offrir aux enfants un environnement plus sûr pendant les congés.

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À défaut d’un encadrement adapté, préviennent-ils, de nombreux jeunes continueront chaque année à grandir dans la rue, avec des conséquences qui pourraient peser durablement sur leur avenir et sur celui de toute la communauté.

Ishara Yambisi Bin Kashenya, à Kamanyola

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