L’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS Tshisekedi) rejette les conclusions du rapport publié le 9 juillet 2026 par Human Rights Watch (HRW), qui met en cause des membres présumés de sa structure de jeunesse, la Force du Progrès, dans les violences ayant marqué le sit-in de l’opposition du 12 juin à Kinshasa. Dans un communiqué rendu public le 12 juillet, le parti présidentiel dénonce une enquête menée sans contradictoire et invite l’organisation de défense des droits humains à transmettre les éléments en sa possession à la justice congolaise.

Dans son rapport, Human Rights Watch affirme que les forces de sécurité congolaises ont fait usage d’une force excessive pour disperser des manifestants réunis contre un projet de révision constitutionnelle susceptible, selon les organisateurs, de prolonger le mandat du président Félix Tshisekedi. L’organisation accuse également les forces de l’ordre de ne pas avoir protégé les manifestants contre les attaques attribuées à des membres de la Force du Progrès, une structure liée à l’UDPS.

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L’enquête de Human Rights Watch, fondée sur des entretiens menés avec 38 personnes, dont 15 manifestants blessés et sept personnes présentées comme membres de la Force du Progrès, conclut que des violences ont éclaté après que les forces de sécurité ont empêché les manifestants de rejoindre le Palais du Peuple. Selon l’organisation, des policiers ont utilisé des gaz lacrymogènes et des matraques, tandis que des individus affiliés à la Force du Progrès auraient lancé des pierres et d’autres projectiles contre les manifestants.

Human Rights Watch affirme également avoir vérifié plusieurs vidéos montrant des dégradations dans les sièges de partis de l’opposition, des manifestants blessés ainsi que des interventions des forces de sécurité aux côtés de personnes se réclamant de la Force du Progrès. L’organisation estime que plus d’une dizaine de manifestants, parmi lesquels des figures de l’opposition comme Martin Fayulu, Delly Sesanga, Jean-Marc Kabund et Ados Ndombasi, ont été blessés lors de ces événements.

En réaction, l’UDPS conteste formellement les conclusions de Human Rights Watch. Le parti affirme n’avoir jamais été officiellement consulté avant la publication du rapport et estime que l’organisation a essentiellement fondé son analyse sur des témoignages recueillis auprès de l’opposition.

Selon le communiqué, les responsables du parti n’ont appris la présence du directeur exécutif de Human Rights Watch à Kinshasa qu’à travers les médias. L’UDPS indique qu’une représentante de l’organisation ne l’a contacté qu’après la publication du rapport et soutient que son président n’a jamais été reçu dans le cadre de cette mission d’enquête.

Pour le parti présidentiel, cette absence d’échanges directs remet en question l’impartialité et la rigueur de la méthodologie adoptée par Human Rights Watch. L’UDPS dément avoir donné des instructions aux sept personnes citées dans le rapport et affirme qu’aucun élément ne permet d’établir sa responsabilité dans les violences survenues le 12 juin.

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Le parti rappelle par ailleurs que la Force du Progrès est une structure de mobilisation relevant de sa Ligue des jeunes et assure que sa mission ne consiste pas à mener des actions violentes. Il ajoute que toute personne utilisant cette appellation sans mandat officiel ne saurait engager la responsabilité de l’UDPS.

L’UDPS révèle également avoir saisi le parquet général près la Cour de cassation dès le 22 juin, soit avant la publication du rapport de Human Rights Watch, afin que les faits fassent l’objet d’investigations judiciaires. Le parti demande désormais à l’organisation de transmettre aux autorités congolaises tous les éléments d’identification des personnes qu’elle met en cause afin de faciliter les enquêtes.

Cette réaction intervient alors que Human Rights Watch appelle les autorités congolaises à conduire une enquête indépendante et impartiale sur les violences du 12 juin et à poursuivre tous les responsables, quelle que soit leur appartenance politique. L’organisation rappelle que les principes internationaux exigent des forces de sécurité qu’elles privilégient les moyens non violents et limitent strictement le recours à la force lors des manifestations.

Cette controverse relance le débat sur la protection des libertés publiques et la gestion des manifestations en République démocratique du Congo. Tandis que Human Rights Watch maintient ses accusations, l’UDPS renvoie désormais le dossier devant la justice, estimant que seule une enquête judiciaire permettra d’établir les responsabilités dans les violences qui ont marqué cette journée.

Salomon Kwiraviwe

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