Le Prix Nobel de la paix Denis Mukwege a condamné avec fermeté la répression du sit-in organisé vendredi à Kinshasa par la Coalition Article 64, regroupement de partis et organisations de l’opposition congolaise, dénonçant ce qu’il qualifie de « répression sanglante » d’un rassemblement pacifique contre le projet de changement de la Constitution.

Dans une déclaration rendue publique, le médecin congolais estime que cette manifestation avait pour objectif de « porter la voix du refus populaire » face au projet de réforme constitutionnelle qu’il accuse de viser à permettre au président Félix Tshisekedi d’obtenir un troisième mandat.

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« Je condamne avec la plus grande fermeté la répression sanglante du sit-in pacifique de l’opposition sur l’esplanade du Palais du Peuple à Kinshasa », a-t-il déclaré.

Denis Mukwege affirme qu’« il est inacceptable » que les autorités congolaises aient, selon lui, « mobilisé et instrumentalisé l’armée, la police et une milice privée du parti présidentiel, la sinistre Force du progrès, pour tirer sur des citoyens et brutaliser des leaders de l’opposition ».

Selon lui, le recours à la force contre les manifestants traduit « un rétrécissement de l’espace civique et politique » dans un contexte marqué, d’après ses propos, par « la répression et l’intimidation à l’encontre des organisations de la société civile, des défenseurs des droits humains et des dirigeants de l’opposition ».

Le Prix Nobel de la paix estime également que cette situation rappelle « les heures sombres de la fin du régime de Joseph Kabila », il y a une dizaine d’années.

« Cette politique de répression et de musèlement de l’opposition rappelle à la population congolaise et à la communauté internationale les heures sombres de la fin du régime de Joseph Kabila », a-t-il soutenu.

Face à ce qu’il décrit comme une « dérive dictatoriale qui s’aggrave chaque jour en RDC », Denis Mukwege a lancé un appel à une mobilisation nationale et internationale.

« J’en appelle solennellement à une mobilisation nationale et internationale pour prévenir un coup d’État constitutionnel en gestation qui ne fera qu’empirer la situation déjà dramatique de la Nation congolaise », a-t-il déclaré.

Ces déclarations interviennent au lendemain du sit-in organisé à Kinshasa par la Coalition Article 64 pour protester contre la proposition de loi sur l’organisation du référendum récemment adoptée par l’Assemblée nationale. Selon le gouvernement provincial, les incidents enregistrés lors de cette manifestation ont fait 20 blessés légers, dont 15 policiers et 5 civils, sans perte en vies humaines. Les autorités accusent les organisateurs de ne pas avoir respecté l’itinéraire convenu et dénoncent des actes de violence ayant entraîné plusieurs dégâts matériels.

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De leur côté, les leaders de l’opposition dénoncent un usage disproportionné de la force contre des manifestants exerçant leur droit constitutionnel de manifester et rejettent les accusations portées contre eux par les autorités.

Le débat autour du projet de réforme constitutionnelle continue ainsi d’alimenter les tensions politiques en République démocratique du Congo, dans un climat déjà marqué par les défis sécuritaires, humanitaires et socio-économiques auxquels le pays est confronté.

Trésor Wilondja

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