La Coordination territoriale de la Société Civile Forces vives de Masisi tire la sonnette d’alarme face à la détérioration continue de la situation sécuritaire dans plusieurs entités du territoire de Masisi.
Dans un communiqué publié le 14 mai 2026 à Pinga, cette structure citoyenne dénonce une recrudescence inquiétante des crimes commis contre les populations civiles dans un contexte marqué par les violences armées.
« Les crimes ne doivent pas constituer une règle », avertit la société civile, qui décrit un « tableau sombre » des violations des droits humains enregistrées entre le 1er avril 2026 et ce jour.
Selon ce document, plusieurs cas de meurtres et d’assassinats ont été signalés dans différentes localités du territoire, notamment à Remeka dans le groupement Ufamandu I ainsi qu’à Lushebere 2 dans le groupement Biirri.
La société civile affirme également que les affrontements opposant les FARDC aux rebelles de l’AFC/M23 ont provoqué d’importants déplacements de population, avec environ 40 000 habitants ayant fui vers d’autres zones, notamment le territoire de Walikale.
Dans le groupement de Kamuronza, dont le chef-lieu est Sake, six cas de meurtres, douze disparitions forcées et 112 cas de cambriolages auraient été enregistrés, selon la même source.
À Masisi-centre, plus de 200 ménages seraient victimes de cambriolages nocturnes et d’extorsions.
« La population vit dans la peur permanente. Beaucoup passent la nuit hors de leurs maisons par crainte des incursions armées », indique le communiqué.
Parmi les autres incidents documentés figurent des violences, des enlèvements et diverses exactions commises contre les civils. La société civile rapporte notamment qu’au moins 80 civils ont subi des traitements inhumains dans le groupement Buabo, tandis qu’une trentaine de personnes auraient été blessées à Mushaki à la suite d’explosions.
Le rapport évoque également l’enlèvement de quatre jeunes cinéastes à Kasengesi sur l’axe Sake-Goma, ainsi que plusieurs cas d’assassinats et de déplacements forcés dans les secteurs d’Osso, Banyungu et Katoyi.
La société civile déplore par ailleurs la multiplication des arrestations arbitraires, des disparitions forcées et des actes de torture.
« En dehors de ces crimes, la situation humanitaire se détériore davantage », souligne le rapport, évoquant des déplacements massifs des populations fuyant les violences.
Face à cette situation, la société civile condamne fermement ces actes qu’elle considère comme des violations graves du droit international humanitaire.
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« La population ne cesse de subir ces forfaitures cruelles en violation des principes clés du droit international humanitaire », insiste le communiqué.
Enfin, la coordination territoriale de la société civile de Masisi exige l’ouverture d’enquêtes indépendantes afin d’établir les responsabilités, ainsi qu’une assistance humanitaire urgente en faveur des populations déplacées.
