A l’occasion de la Journée mondiale du vivre-ensemble célébrée le 16 mai, ainsi que de la Journée internationale de la paix, plusieurs acteurs communautaires du Sud-Kivu multiplient les appels à la cohésion sociale et à la cohabitation pacifique entre les communautés affectées par les conflits armés et la crise humanitaire.
Dans ce cadre, l’organisation New Hope Reconciliation Center sensibilise les habitants du territoire de Kabare sur l’importance du vivre-ensemble comme outil de prévention des divisions communautaires et de consolidation de la paix.
Selon Mutabazi Moïse, chargé des programmes au sein de cette organisation, le vivre-ensemble demeure essentiel dans un contexte marqué par les tensions sécuritaires et les déplacements des populations.
« Le vivre-ensemble est très important parce qu’il favorise la solidarité et le dialogue entre les communautés. Cela aide à éviter les divisions, les discriminations et la haine afin de bâtir une paix durable malgré les différences », explique-t-il.
Pour Mutabazi Moïse, la paix ne peut être durable sans le dialogue communautaire, le pardon et la confiance mutuelle : « Malgré les tensions causées par les conflits, les communautés doivent apprendre à dialoguer, à se pardonner et à collaborer ensemble dans la confiance pour vivre en harmonie ».
A Kamanyola, dans le territoire de Walungu, le Barza intercommunautaire pour la paix partage la même préoccupation. Cette structure communautaire appelle les habitants à renforcer l’unité et à éviter les comportements susceptibles d’alimenter les conflits.
Son président, Bulambo Cyprien, reconnaît que la crise humanitaire actuelle fragilise la cohabitation entre les communautés, particulièrement dans des milieux où coexistent plusieurs groupes ethniques et tribus.
« Dans certaines situations, des incompréhensions et des conflits peuvent surgir entre les communautés. Mais l’essentiel aujourd’hui est de réparer ce qui divise et de renforcer l’unité », affirme-t-il.
Pour cet acteur de paix, le dialogue reste le principal moyen de résoudre les différends communautaires et de prévenir les violences.
« Là où il y a des conflits, les habitants doivent s’asseoir ensemble pour dialoguer afin de rétablir la paix. Nous devons comprendre que le dialogue reste le seul moyen de résoudre nos différends », ajoute-t-il.
Le président du Barza intercommunautaire invite également les habitants à abandonner les discours de haine, les insultes et les comportements qui favorisent les divisions sociales.
Il encourage plutôt les communautés à promouvoir le pardon, la tolérance et l’accompagnement des personnes en difficulté afin de préserver l’harmonie sociale.« Une bonne vie en société ne consiste pas à exposer les erreurs des autres ou à continuer à propager leurs fautes. Il vaut mieux pardonner et avancer ensemble », souligne-t-il.
Ces activités de sensibilisation s’inscrivent dans le cadre des efforts communautaires menés à Kabare et à Kamanyola pour promouvoir la cohésion sociale, prévenir les conflits communautaires et renforcer la culture de paix dans cette période marquée par l’insécurité et les déplacements de populations.
