Après le retrait des éléments de l’AFC-M23 de plusieurs localités de la plaine de la Ruzizi dans la nuit du dimanche 10 au lundi 11 mai 2026, les autorités locales et provinciales multiplient les appels au retour de la paix, à la cohésion sociale et au vivre-ensemble entre les communautés du Sud-Kivu.
Ces appels interviennent dans un contexte marqué par des déplacements de populations et des tensions communautaires alimentées par l’insécurité persistante dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Contacté ce mercredi 13 mai 2026, un chef local de Makobola a invité les habitants ayant fui les affrontements à regagner leurs domiciles, affirmant que la situation sécuritaire s’améliore progressivement dans certaines zones.
De son côté, Blaise Arusi, chef du groupement de Kigoma dans la chefferie des Bafuliru, estime qu’il n’existe pas de conflit entre les communautés locales, accusant plutôt « l’ennemi » de vouloir semer la peur au sein de la population.
« Si certaines populations se sont déplacées, c’était pour se mettre à l’abri en attendant le retour à la paix car les affrontements s’étaient intensifiés dans la plaine depuis quelques jours. Mais dans notre groupement de Kigoma, les populations qui avaient fui sont déjà de retour dans leurs villages », a-t-il déclaré.
Selon lui, les combats les plus violents avaient été signalés depuis jeudi dernier dans plusieurs villages notamment Mibere, Mulenge, Kihinga et Kalengera.
Le chef coutumier a également appelé les populations de l’Est du pays à promouvoir le vivre-ensemble malgré les différences ethniques et communautaires.
« Tous les Congolais appartiennent à un seul pays malgré la présence de plusieurs groupes ethniques et plusieurs clans », a-t-il insisté.
Le vice-gouverneur et gouverneur intérimaire du Sud-Kivu, Jean-Jacques Elakano, a lui aussi insisté sur la nécessité d’éviter toute forme de règlement de compte après le retrait du M23.
Lors d’un meeting tenu mardi 12 mai dans la cité de Sange, l’autorité provinciale a exhorté les différentes communautés à préserver l’unité et la cohésion sociale.
« Nous devons éviter tout règlement de compte et cultiver l’amour ainsi que le vivre-ensemble entre toutes les communautés, notamment les Bafuliru, Babembe, Bashi, Banyindu et les lega », a déclaré Jean-Jacques Elakano.
Le Gouverneur intérimaire a également adressé un message de réconfort aux habitants de Sange, durement affectés par les affrontements.
« Nous sommes venus pour vous rassurer et évaluer la situation après le départ des forces négatives. La paix doit revenir et se consolider dans cette zone », a-t-il affirmé.
Dans ce contexte sécuritaire tendu, plusieurs acteurs locaux dénoncent également la propagation des discours de haine sur les réseaux sociaux, accusés d’alimenter les divisions communautaires et de fragiliser davantage le tissu social dans l’Est du pays.
Selon plusieurs témoignages recueillis dans la plaine de la Ruzizi, le renforcement de la cohésion sociale demeure une condition essentielle pour réduire les violations des droits humains et favoriser le retour durable de la paix dans les communautés affectées par les conflits.
Sylvie Bahati
