Dans plusieurs villages du territoire de Walungu, au Sud-Kivu, les restes explosifs de guerre continuent de représenter une menace majeure pour les populations civiles, particulièrement les enfants et les jeunes filles contraints de parcourir la brousse à la recherche de bois de chauffage. La présence d’engins non explosés abandonnés dans les champs, les sentiers et même aux abords des écoles alimente une vive inquiétude au sein des communautés locales.

    Le dernier incident enregistré remonte au 27 avril 2026 à l’école primaire Mbirikira, où un engin explosif a détoné dans l’enceinte de l’établissement, provoquant d’importants dégâts matériels. Aucun élève n’a été blessé, les enfants ayant déjà quitté l’école au moment de l’explosion. Toutefois, cet incident a ravivé la peur au sein de la population, alors que plusieurs autres engins sont signalés dans différentes localités du territoire.

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    Selon un animateur de l’organisation CARECO, engagée dans la protection des droits des enfants dans le groupement de Lurhala, les enfants sont aujourd’hui parmi les principales victimes potentielles de cette contamination explosive.

    « Nos enfants sont actuellement exposés à cause des explosifs. Les jeunes filles qui vont chercher du bois de chauffage sont les plus en danger. Même dans certaines écoles, on retrouve des engins abandonnés par les belligérants. Il faut que les parents encadrent mieux leurs enfants et que les autorités interviennent rapidement pour déminer les zones à risque », alerte-t-il.

    Dans cette partie du territoire de Walungu, de nombreuses familles dépendent encore du bois de chauffage pour la cuisson. Chaque jour, des enfants parcourent de longues distances dans des zones parfois abandonnées après les affrontements armés, sans connaître les risques liés aux restes explosifs de guerre.

    Face à cette situation, CARECO appelle les parents à limiter les déplacements des enfants vers les zones suspectes et à rechercher, dans la mesure du possible, d’autres alternatives pour les activités domestiques. L’organisation demande également aux responsables scolaires de renforcer la surveillance des élèves afin d’éviter qu’ils ne jouent dans des endroits isolés ou dangereux.

    « Les directeurs d’écoles et les préfets doivent être vigilants. Les enfants ne doivent pas être laissés seuls dans des zones à risque », insiste l’animateur.

    Elle recommande aussi de réglementer le commerce des métaux dans la zone. Selon plusieurs acteurs communautaires, certains enfants ramasseraient des objets métalliques suspectés d’être des explosifs dans l’espoir de les revendre à des acheteurs de ferraille, augmentant ainsi les risques d’accidents.

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    Sur le terrain, les habitants décrivent un climat de peur permanent. Plusieurs témoignages recueillis dans la région font état d’explosions récurrentes dans différents villages du territoire.

    « Il ne se passe presque plus deux jours sans qu’on entende parler d’une explosion dans un coin de Walungu », confient certains habitants.

    Face à cette menace persistante, des acteurs de la société civile plaident pour des opérations urgentes de déminage, le renforcement des campagnes de sensibilisation aux risques liés aux engins explosifs ainsi qu’une assistance accrue aux communautés affectées.

    Article produit dans le cadre du projet « Habari za Mahali ». Un projet du consortium RATECO, REMEL-GL avec le soutien de Media4Dialogue de LaBenévolencija.

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