Chaque 30 avril, la République démocratique du Congo célèbre la Journée nationale de l’enseignement, censée honorer les enseignants et rappeler le rôle central de l’éducation dans le développement du pays. Mais cette année, la commémoration a pris un ton nettement plus revendicatif.
Dans l’Est du pays, le Syndicat des enseignants catholiques (SYNECAT) est monté au créneau pour dénoncer la non-application des accords conclus avec le gouvernement. Son secrétaire provincial et porte-parole dans la région, Jacques Cirimwami, a dressé un tableau préoccupant de la situation des enseignants.
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Selon lui, les revendications des enseignants ne se limitent pas aux seules questions des Nouvelles Unités (NU), des Non-Payés (NP) ou des zones salariales. Plusieurs autres engagements avaient été pris, mais restent lettre morte.
« Ce ne sont pas seulement ces trois revendications qui sont reprises dans les accords. Il y en a autant, mais tous sont violés par le gouvernement », a-t-il déclaré.
Pour le SYNECAT, cette situation traduit un manque de volonté politique et alimente un sentiment d’abandon au sein du corps enseignant.
Le syndicat insiste particulièrement sur la situation dramatique dans les zones affectées par le conflit, notamment celles sous influence du Mouvement du 23 mars (M23).
Dans ces territoires, les enseignants vivent dans une incertitude totale. Les fichiers de paie seraient fermés, les listings devenus inaccessibles et les salaires, bien que parfois signalés via téléphone, ne seraient plus effectivement perçus.
Plus grave encore, selon le SYNECAT, certains salaires destinés aux enseignants de ces zones seraient redirigés vers d’autres provinces, privant les bénéficiaires de leurs revenus.
À ces difficultés s’ajoute un autre problème majeur : le non-remplacement des enseignants décédés.
« Les enseignants qui meurent ne sont plus remplacés », déplore Jacques Cirimwami.
Cette situation accentue la pénurie de personnel dans les écoles et met davantage sous pression un système éducatif déjà fragilisé par le manque de moyens, l’insécurité et la précarité des conditions de travail.
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Face à cette réalité, le SYNECAT lance un appel à la solidarité nationale et internationale, tout en interpellant directement les autorités.
« Priez pour le secteur de l’éducation », a conclu le responsable syndical, soulignant que l’avenir des enfants congolais dépend du respect des engagements pris envers leurs enseignants.
Initialement conçue comme une journée de célébration, la Journée nationale de l’enseignement s’est transformée, cette année, en tribune de dénonciation. Le message du SYNECAT met en lumière l’urgence d’une réforme profonde et sincère du secteur éducatif en RDC.
Edith Kazamwali
