La Société civile de la ville de Baraka a exprimé sa « vive inquiétude » face à la motion de censure initiée contre le gouverneur du Sud-KivuJean-Jacques Purusi Sadiki, estimant que cette démarche intervient dans un contexte sécuritaire « extrêmement fragile ».

Dans une déclaration publiée le 4 avril 2026 signée par Albert Etunda Maisha, Président du Bureau de coordination urbaine de la Société Civile de Baraka,  la structure citoyenne juge cette initiative « inopportune et irresponsable », alors que la province fait face à une crise sécuritaire majeure, marquée notamment par la menace de l’AFC-M23 aux portes d’Uvira.

 « Alors que la province est plongée dans une crise sécuritaire sans précédent, il est inconcevable que certains élus choisissent de fragiliser davantage les institutions au lieu de renforcer la cohésion », déplore la Société Civile.

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Elle critique vivement les députés provinciaux signataires de la motion, en particulier ceux du territoire de Fizi, s’interrogeant sur leur rôle de contrôle parlementaire.

« Est-ce seulement en soutenant une motion de censure qu’ils entendent exercer valablement leur rôle ? » questionne-t-elle, dénonçant un manque de suivi sur plusieurs promesses faites à la population.

Parmi les engagements évoqués figurent la rétrocession de 60.000 dollars pour Baraka et Fizi, la construction du micro-barrage de Malekya, ainsi que le pavage des artères principales de la ville de Baraka.

« Qu’ont fait ces élus pour exiger des comptes sur ces projets jusqu’à ce jour non réalisés, malgré les alertes de la Société Civile ? » poursuit la déclaration.

L’organisation va plus loin en dénonçant des motivations politiques derrière cette initiative.

 « Cette motion de censure n’est pas inspirée par l’intérêt du développement de la province, mais par des calculs politiciens visant à déstabiliser les institutions », affirme-t-elle.

Tout en rejetant la démarche actuelle, la Société Civile propose une alternative plus directe pour clarifier la situation politique.

« Si réellement les élus militent pour le développement du Sud-Kivu, ils devraient envisager une démarche visant directement le gouverneur et son vice-gouverneur, afin d’éviter toute confusion dans la gestion des affaires courantes », suggère-t-elle.

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Enfin, elle appelle les députés provinciaux à faire preuve de responsabilité et à recentrer leurs actions sur les priorités de la population.

« La population n’a pas besoin de motions politiciennes, mais d’actions concrètes pour restaurer la sécurité et relancer le développement », insiste la Société Civile.

Jean-Luc M.

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