À l’occasion de la Journée mondiale contre le travail des enfants, célébrée chaque 12 juin, des organisations engagées dans la protection des droits de l’enfant à Bukavu, au Sud-Kivu, tirent la sonnette d’alarme sur la situation préoccupante que vivent de nombreux enfants dans l’Est de la République démocratique du Congo.

Selon ces organisations, l’insécurité persistante, les déplacements massifs de populations et la précarité économique des ménages exposent davantage les enfants aux pires formes de travail et d’exploitation, particulièrement pendant la période des vacances scolaires.

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Pour Justin Cubaka, coordonnateur provincial de l’ONG Recherche Sans Frontières (RSF), le contexte actuel constitue un facteur aggravant de la vulnérabilité des mineurs dans les provinces du Sud-Kivu et du Nord-Kivu.

« Alors que les élèves entament la période des vacances scolaires, le RSF s’inquiète face aux risques accrus auxquels sont confrontés les enfants et adolescents. En l’absence d’activités éducatives, récréatives et d’un encadrement adaptés, plusieurs d’entre eux peuvent être contraints d’exercer des travaux pénibles ou de s’engager dans des activités économiques inadaptées à leur âge », a-t-il déclaré.

Le responsable de RSF souligne que des milliers d’enfants se retrouvent aujourd’hui déscolarisés et exposés à diverses formes d’abus en raison de la dégradation de la situation sécuritaire et socio-économique dans la région.

De son côté, Danielle Matabaro, chargée de programmes adjointe à Congo Hope Initiative, déplore la présence croissante d’enfants dans des activités dangereuses ou inappropriées.

« Ces derniers temps, beaucoup d’enfants travaillent dans les marchés, au roulage, sur des chantiers et dans des sites miniers. On voit de petits enfants transporter des graviers ou couler du béton. Pourtant, ces travaux sont beaucoup trop lourds et inadaptés à leur âge », a-t-elle expliqué.

Elle précise que son organisation mène régulièrement des campagnes de sensibilisation destinées aux parents, aux communautés et aux employeurs afin de les informer sur les conséquences néfastes du travail des enfants et sur la nécessité de protéger leur développement.

Pour Constant Lyangane, chef des programmes de Poleni Asbl, les enfants doivent être préservés de toute forme d’exploitation économique.

« Les enfants ne méritent ni d’être exploités ni d’être utilisés comme une main-d’œuvre. Ils ont droit à une éducation de qualité, à la protection, à l’affection et à des moments de jeux éducatifs favorisant leur développement harmonieux », a-t-il martelé.

Face à cette réalité, ces organisations appellent les autorités compétentes, les acteurs humanitaires, les organisations de la société civile, les confessions religieuses ainsi que les parents à promouvoir des initiatives locales favorisant un encadrement positif des mineurs.

Elles plaident notamment pour la mise en place d’activités éducatives et récréatives pendant les vacances scolaires afin de prévenir l’utilisation des enfants dans les buvettes, les carrières, les marchés et dans tout autre environnement inadapté à leur épanouissement.

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Toutefois, elles estiment que le contexte actuel exige un accompagnement accru des partenaires nationaux et internationaux afin d’étendre l’impact des actions de protection de l’enfance menées sur le terrain.

Les organisations réaffirment leur engagement en faveur de la promotion et de la défense des droits de l’enfant et invitent chaque citoyen à devenir acteur de la protection de l’enfance.

« Chaque enfant doit pouvoir apprendre, rêver, grandir et construire son avenir dans la dignité et la sécurité », insistent-elles.

Pour l’édition 2026, la Journée mondiale contre le travail des enfants est célébrée sous le thème : « Carton rouge au travail des enfants : une enfance protégée, un travail décent pour les adultes ». Cette thématique traduit la volonté de mettre un terme définitif à l’exploitation économique des mineurs et de promouvoir un environnement protecteur pour tous les enfants.

Divine Busime

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