La Société Civile Forces Vives de la République démocratique du Congo (SCFV-RDC) exprime son opposition à la décision du gouvernement congolais de mettre en œuvre un dispositif d’accueil temporaire de ressortissants de pays tiers en provenance des États-Unis d’Amérique.
Dans un communiqué de presse publié à Kinshasa, et signé par Me Jean-Bosco Lalo Kpasha, 1er vice-président national et porte-parole de la structure, le Bureau de Coordination nationale indique avoir appris avec « beaucoup d’émoi » la décision du Gouvernement de la République Démocratique du Congo de mettre en œuvre un dispositif d’accueil temporaire des ressortissants de pays tiers sur le territoire national en provenance des États-Unis d’Amérique.
La structure citoyenne affirme s’associer « aux voix de nombreux Congolais qui ont déjà exprimé leur désaccord face à cette mesure jugée impopulaire ».
La SCFV-RDC justifie sa position en évoquant des précédents historiques liés à l’accueil de populations étrangères en RDC. Elle rappelle notamment « l’arrivée des Tutsis rwandais avant 1960, des Hutus rwandais en 1994, des milliers de réfugiés sud soudanais installés depuis plusieurs années à Biringi, en province de l’Ituri », ainsi que la présence de groupes armés « tels que les ADFNALU, la LRA ou encore les Mbororo », qui, selon elle, « ont laissé des traces profondes dans l’histoire du pays ».
Le communiqué souligne également les défis internes liés aux déplacements de populations congolaises.
« Les mouvements massifs et incontrôlés de populations internes (…) continuent de poser un véritable casse-tête aux autorités, sans solution durable », note la Société civile, citant notamment les flux du Kasaï vers le Katanga ou encore du Grand Kivu vers l’Ituri.
Dans ce contexte, l’organisation s’interroge sur la capacité de l’État à gérer de nouveaux flux migratoires.
« Dans un pays qui peine depuis près de cinq décennies à gérer les déplacements de ses propres citoyens, la Société Civile Forces Vives s’interroge sur l’opportunité d’accueillir des migrants refoulés dont les origines restent douteuses », peut-on lire dans le document.
La Société Civile Forces Vives s’interroge : « Comment un gouvernement incapable de maîtriser le nombre exact de ses citoyens pourrait-il consentir à un tel projet ? »
La SCFV-RDC fait part de ses préoccupations quant au manque d’informations autour de cette initiative.
« Ni le nombre de migrants concernés, ni leurs nationalités, ni la durée de leur séjour en RDC, ni le mécanisme prévu pour leur départ ne sont connus », déplore-t-elle.
Elle estime que, dans « un contexte où la RDC fait déjà face à une crise multidimensionnelle – sécuritaire, économique, sociale et humanitaire », ce projet pourrait « aggraver les tensions existantes et compromettre davantage la stabilité nationale ».
En conséquence, la Société Civile Forces Vives « s’oppose fermement à cette mesure » et appelle « la population congolaise à faire bloc pour empêcher le Gouvernement d’exécuter ce projet jugé néfaste pour l’avenir du pays ».
