Le coordonnateur résident et humanitaire de l’ONU en République démocratique du Congo, Bruno Lemarquis, a appelé, mercredi 18 mars, à la reprise urgente des vols à l’Aéroport international de Goma, fermé depuis janvier 2025, afin de faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire dans la province du Nord-Kivu.
En mission à Goma, le haut responsable onusien a dressé un constat préoccupant : l’absence de liaison aérienne directe entrave fortement les opérations humanitaires dans une région marquée par une crise sécuritaire persistante.
« La réouverture, même limitée aux vols humanitaires, faciliterait grandement l’intervention », a-t-il déclaré.
Depuis la fermeture de l’aéroport, les acteurs humanitaires sont contraints de faire transiter personnel et marchandises par des pays voisins, un détour qualifié de « long chemin » par Bruno Lemarquis. Cette situation entraîne une hausse significative des coûts logistiques et ralentit la livraison de produits essentiels, notamment les médicaments et les vaccins.
Le responsable de l’ONU souligne toutefois que toute reprise des activités aériennes nécessite un consensus entre les parties concernées. Il identifie trois conditions majeures :
- La sécurité : obtenir des garanties fermes de toutes les parties au conflit
- La technique : assurer la remise en état des infrastructures aéroportuaires
- La souveraineté : parvenir à un accord sur la gestion de l’espace aérien et de l’aéroport
Dans cette optique, Bruno Lemarquis souhaite que la question soit inscrite à l’ordre du jour des discussions en cours à Doha entre les acteurs du conflit.
Cette prise de position intervient un mois après un signal jugé encourageant : l’atterrissage, en février, d’un hélicoptère de la MONUSCO à Goma, avec à son bord Vivian van de Perre, cheffe par intérim de la mission.
Il s’agissait du premier appareil à se poser sur le tarmac depuis le 26 janvier 2025, date à laquelle les combats liés à la rébellion AFC/M23 avaient entraîné la suspension des activités aéroportuaires.
La réouverture, même partielle, de l’Aéroport international de Goma apparaît aujourd’hui comme un enjeu crucial, à la fois humanitaire et stratégique, dans une région où les besoins restent immenses et l’accès aux populations vulnérables de plus en plus difficile.
