Intervenons-nous

    La Coalition Coalition « Pamoja kwa Amani » dénonce ce qu’elle qualifie d’« oppression économique » contre les populations civiles vivant dans les zones administrées de fait par le mouvement rebelle AFC-M23 dans l’Est de la République démocratique du Congo.

    Dans un communiqué publié le 23 février 2026 à Bukavu, la Coalition affirme que les villes de Bukavu et de Goma, ainsi que leurs environs, font face à une déstructuration profonde de leur économie depuis le début des hostilités dans la région.

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    Selon l’organisation de la société civile, la situation économique dans ces localités est marquée par plusieurs contraintes majeures. La fermeture des institutions bancaires, limitant l’accès des citoyens à leurs propres économies, l’augmentation du chômage à la suite de l’arrêt des activités de nombreuses entreprises et organisations non gouvernementales et la perturbation des circuits d’approvisionnement, aggravant la vulnérabilité alimentaire des ménages.

    La Coalition estime que cette crise économique s’ajoute à la crise sécuritaire déjà présente dans l’Est congolais, région marquée par plusieurs années de conflits armés.

    Le communiqué accuse les autorités de facto liées à l’AFC-M23 d’avoir instauré un système de recouvrement fiscal coercitif, notamment dans le secteur de l’assurance automobile.

    La Coalition dénonce l’octroi d’un monopole à la société IMPERIAL Assur, qu’elle considère comme contraire au cadre juridique congolais régissant le secteur des assurances.

    Elle affirme également que les opérations de recouvrement se dérouleraient dans un climat d’intimidation, certains agents étant accusés d’exiger le paiement sous pression, parfois armés, transformant la procédure administrative en un acte d’extorsion.

    Selon le communiqué, ces prélèvements fiscaux ne seraient accompagnés d’aucun service public tangible pour les populations locales. L’organisation soutient qu’ils serviraient principalement à financer l’effort de guerre, contribuant ainsi à l’appauvrissement progressif des civils.

    Face à cette situation qualifiée d’« asphyxie économique », la Coalition Pamoja kwa Amani demande l’arrêt immédiat de toutes les formes de tracasseries fiscales et parafiscales imposées aux populations civiles.

    Elle conteste également la légalité de toute transaction économique au profit d’entreprises étrangères qui ne seraient pas agréées conformément au code des assurances de la RDC.

    Dans sa déclaration, la Coalition appelle la communauté internationale à enquêter sur les pratiques économiques imposées dans les zones touchées par le conflit, estimant que ces mesures pourraient constituer une aggravation de la crise humanitaire dans l’Est du pays.

    Le communiqué lance également un appel à la population de Bukavu, Goma et des autres zones concernées à un boycott systématique des taxes jugées illégales, ainsi que de l’assurance automobile attribuée à Imperial Assur.

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    La Coalition encourage une mobilisation citoyenne fondée sur la résistance non violente, affirmant que le refus de financer des mécanismes perçus comme oppressifs constitue, selon elle, un acte patriotique.

    Elle soutient que chaque paiement effectué dans ces circuits économiques contribuerait à renforcer les structures qu’elle considère comme illégitimes.

    Dans son analyse, la Coalition relie cette pression fiscale au contexte du conflit armé dans l’Est de la RDC, évoquant un soutien extérieur présumé lié au Rwanda, sans apporter de preuves documentées dans le communiqué.

    Elle considère que cette dynamique s’inscrirait dans une stratégie de poursuite du conflit par des moyens financiers plutôt que militaires.

    La Coalition Pamoja kwa Amani affirme rester aux côtés des populations civiles pour dénoncer ce qu’elle qualifie de « terrorisme fiscal ».

    Elle rappelle que la paix durable ne peut être construite par l’extorsion économique, mais par la justice sociale, le respect du droit international humanitaire et la protection des civils.

    Jean-Luc M.

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