À l’occasion du 12 février, Journée internationale de la main rouge, l’UNICEF renforce son plaidoyer pour la libération des milliers d’enfants encore enrôlés de force dans les conflits armés à travers le monde. L’agence onusienne rappelle que, depuis l’an 2000, plus de 180.000 mineurs ont déjà été libérés, mais que la réinsertion psychosociale et l’accès à l’éducation demeurent les piliers essentiels pour les aider à se reconstruire.

Selon l’UNICEF, les droits de l’enfant ne sont pas négociables et leur place n’est pas sur un champ de bataille. Entre 2005 et 2022, les Nations unies ont vérifié 315.000 violations graves commises contre des enfants dans les zones de conflit. Derrière l’expression « enfants soldats » se trouvent des victimes de servitude, d’abus et d’exploitations diverses, souvent recrutées par la force ou poussées par l’extrême pauvreté.

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Pour illustrer cette réalité, l’UNICEF évoque le parcours d’Albert, 16 ans, originaire du Kasaï (RDC), aujourd’hui pris en charge au Centre de transit et d’orientation (CTO) de Kananga. Comme beaucoup d’autres, il est accompagné pour se soigner, se former et retrouver une vie d’enfant.

Au Mali, le jeune Alhad, qui a quitté un groupe armé dans la zone d’Ansongo (Gao), témoigne lui aussi de l’impact des programmes de soutien psychosocial et d’éducation d’urgence, financés notamment par ECHO : « Aujourd’hui, j’apprends une nouvelle vie », confie-t-il.

Le travail de l’UNICEF repose d’abord sur la libération des enfants à travers le programme CAAC (Children and Armed Conflict), grâce à des négociations avec les groupes armés, soutenues par des personnalités engagées comme Ishmael Beah. En parallèle, l’organisation assure une réinsertion durable, avec 12.460 enfants accompagnés en 2022, et renforce la prévention via un cadre légal international appuyé par 105 États membres.

Malgré des progrès notables dans des pays comme le Népal, la Colombie ou le Tchad, des dizaines de milliers de filles et de garçons restent pris au piège des conflits.

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« Chaque enfant recruté doit être libéré et soutenu afin qu’il puisse guérir et reconstruire son avenir », martèle Catherine Russell, directrice générale de l’UNICEF. La main rouge, symbole de cette journée, demeure ainsi un appel mondial pour mettre un terme définitif à l’exploitation des enfants dans la guerre.

Joseph Aciza

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