La Société civile du Sud-Kivu dénonce l’enlèvement de l’un de ses membres, Philemon Kidumu Musegetera, président de la Société civile du territoire d’Uvira, enlevé jeudi 19 février 2026 à Sange. Dans une déclaration rendue publique à Kinshasa le 21 février 2026, le Bureau de coordination provinciale exige sa libération immédiate et alerte l’opinion nationale et internationale sur ce qu’elle qualifie de menaces persistantes contre les acteurs de la Société Civile.
Selon le communiqué signé par Me Néné Bintu, Présidente du Bureau de Coordination provinciale, son enlèvement est survenu vers 13 heures au domicile de M. Kidumu à Sange. Elle aurait été opérée par un commandant du mouvement AFC-M23, non autrement identifié, accompagné d’éléments armés.
Les motifs de cette interpellation demeurent flous. D’après une opinion locale relayée dans le communiqué, l’arrestation pourrait être liée à la coupure ou au rétablissement du signal de communication Airtel dans la plaine de la Ruzizi. La société civile précise que l’intéressé exerce des activités de maintenance de groupes électrogènes sur l’axe Sange-Lemera-Luvungi.
Elle affirme toutefois qu’il est de notoriété publique que les coupures de signaux de communication seraient attribuées aux autorités de l’AFC-M23, qui exigeraient le paiement de taxes aux sociétés de télécommunication opérant dans les zones sous leur contrôle.
D’après les informations recueillies sur place, Philemon Kidumu Musegetera serait détenu dans un cachot présenté comme secret, relevant du service de renseignement du mouvement à Sange. Il n’aurait, selon la déclaration, droit à aucune visite de sa famille, dont l’inquiétude grandit face à la situation.
La Société civile du Sud-Kivu condamne ce qu’elle qualifie d’« énième enlèvement » visant l’un de ses membres. Elle interpelle notamment la MONUSCO, le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme, la Commission nationale des droits de l’homme, ainsi que les organisations nationales et internationales de défense des droits humains, afin qu’elles se saisissent du dossier.
Dans sa déclaration, la faitière évoque des menaces répétitives et persistantes pesant sur les membres de la société civile, dont plusieurs sont des défenseurs des droits humains. Elle estime que ces pratiques viseraient à obtenir l’allégeance de certains acteurs à la rébellion et rappelle que la société civile se veut apolitique et non engagée dans une lutte armée.
Au-delà de l’exigence de libération immédiate de Philemon Kidumu Musegetera, la Société civile du Sud-Kivu appelle la population de Sange à ne pas céder aux manipulations, d’où qu’elles proviennent. Elle invite les habitants à rester attachés aux valeurs de cohésion et d’amour de la patrie, malgré la psychose actuelle liée à cet enlèvement et aux affrontements récurrents signalés autour de Sange.
