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Au Sud-Kivu, le premier trimestre de l’année 2023 a été marqué par la poursuite des travaux de construction des ouvrages d’art (ponts et dalots) par le Projet Intégré de Croissance Agricole dans les Grand-Lacs (PICAGL). Des travaux qui ont été effectués en même temps que ceux de réhabilitation des routes en méthode HIMO et en mode semi-mécanisé.




Au cours de ce trimestre, les activités du projet ont connu une avancée significative vers l’atteinte des résultats attendus, comme le témoignent si bien les principaux indicateurs du projet : En ce qui concerne la réhabilitation des routes en HIMO et en semi-mécanisé, les résultats cumulés atteignent au total, 235,9 km des routes en HIMO réhabilités sur 244,4 prévus au Sud-Kivu, soit un taux de réalisation global de 96,5 %.

Pour les routes à réhabiliter en mode semi-mécanisé, 14 km de pistes sont déjà réhabilités par l’Office des Routes, ce qui représente un taux de réalisation de 56%.

En considérant l’ensemble des routes à réhabiliter au Sud-Kivu (HIMO et mécanisé), le projet a déjà réhabilité 92,8% du linéaire, soit 249,9 km sur 269,4 km prévus.

En ce qui concerne la construction des ouvrages d’art, les résultats atteints sont les suivants : – 166 dalots sont déjà construits (dont 4 réhabilités) sur les 208 attendus au Sud-Kivu, soit un taux de réalisation global de 79,8 %.

Le projet a déjà construit à ce jour 31 ponts (dont 03 réhabilités) sur les 39 prévus au Sud-Kivu, soit un taux de réalisation de 79,5% et 08 autres sont en construction. Ce qui semble être une réponse apportée aux besoins des communautés locales, qui sont les premiers bénéficiaires du projet.

Une « grande réalisation », selon les habitants

Sur la route Amsar Birava par exemple, des habitants rencontrés saluent la construction des ponts qui pendant plusieurs années ont posé problème mais qui grâce à PICAGL deviennent praticables et facilitent aujourd’hui, la traversée des personnes et des biens.

Rukabya Maurice, habitat de Birava, dit remercier le projet, qui a réussi à construire des ponts qui pendant plusieurs années ont fait souffrir les usagers de la contrée.

 » Quand on a vu ces travaux commencer, on a pensé qu’ils ne finiront jamais comme d’autres que nous avons connu. C’est donc une satisfaction pour nous. Depuis que Birava existe, les habitants se sont organisés pendant plus de 20 ans pour rendre praticables  les 2 grands ponts que nous avons mais jamais nous ne parvenons pas. Aujourd’hui les deux ponts à problème sont construits, nous ne pouvons que remercier PICAGL Pour cette grande réalisation. La zone est marécageuse et il faudrait vraiment des travaux d’entretien réguliers sur ces pont » s’est réjoui Maurice.

Comme Maurice, Akonkwa Mayenne, chauffeur de son état, trouve un soulagement à travers la construction des ouvrages d’art par PICAGL sur une zone qui devenait de plus en plus impraticable suite à la dégradation des ponts.

« Il y a un changement pour nous les conducteurs. Avant ici il y avait un pont en bois. Pour y traverser, de fois nous étions obligés de mettre de la boue entre les planches mais aujourd’hui nous passons ici sans problème. Pour nous c’est vraiment un changement et une avancée dans le développement de notre milieu » a témoigné Akonkwa.

Jusqu’ici, les travaux de réhabilitation des axes routiers au Sud-Kivu ont permis de désenclaver plus de 131 villages et 09 quartiers de la Cité de Sange, 03 communes de la Ville de Baraka et la commune urbano-rurale de Bagira (Bukavu) qui bénéficient également des avantages de ces pistes réhabilitées.

Dans ce chapitre des ouvrages d’art, le projet dit avoir créé au total, 2 871 postes d’emploi directs au Sud-Kivu (dont 632 postes réservés aux femmes, soit 22%). Ces postes d’emploi ont été occupés par plus de 6 000 personnes habitant le long des axes routiers réhabilités en recourant au système de rotation des ouvriers sur les chantiers, selon le projet.

« Cette politique permet d’occuper un nombre élevé des populations rurales qui n’ont généralement pas d’opportunités d’emplois rémunérés » explique Bob Katay, chargé de communication du projet au Sud-Kivu.

Celui-ci souligne que la réhabilitation des pistes rurales permet une ouverture des zones enclavées rurales sur les centres urbains, ce qui entraîne de facto la levée des difficultés d’écoulement de la production agricole et agropastorale. Aussi, les conditions de transport des intrants agro-pastoraux connaissent une amélioration significative.

Il faut cependant signaler qu’en plus de ces villages situés directement le long des axes ou dans un rayon de 5 km autour de l’axe, il y en a bien d’autres qui sont dans les environs et qui bénéficient aussi directement de ce désenclavement.

La réhabilitation des routes facilite non seulement l’ouverture des zones desservies sur les centres urbains mais aussi sur les routes nationales, principalement RN 2 (Village Amsar), RN 3 (Axe Madiri – Kalonge – Cifunzi) et (RN5 : Villages Bwegera, Sange, Kabunambo et Mushimbake).

Ce qui également crée un sentiment de satisfaction dans le chef des habitants de la plaine de la Ruzizi. Sabina Chuma, une habitante de la zone loue un travail qui a permis le désenclavement de plusieurs villages à travers les ponts construits.

 » Dans le temps il y avait un pont ici, mais qui était dans un mauvais état. Les véhicules tombaient de temps en temps sur ce pont. C’était donc difficile pour les véhicules de traverser ici. Nous avons vu UNOPS à ce projet PICAGL venir construire et aujourd’hui le pont est praticable. Nous ne pouvons que remercier les responsables de ce projet » a laissé entendre Sabina.

Réhabilitation du pont Nemba

Le Pont Nemba (21 ml) est situé au PK 8+100 de l’Axe routier Sebele – Nemba – Kibanga (29 km), plus précisément au village Nemba Majengo qui tire son nom de la rivière sur laquelle le pont a été construit.

Ce pont relie deux secteurs du Territoire de Fizi, à savoir le Secteur Mutambala à l’Est et le Secteur Nganja à l’Ouest. Il relie également plusieurs agglomérations partant de Baraka à Kibanga et Kazimiya en passant par Malinde (RN 5) et Sebele avec jonction sur la Cité de Fizi au niveau de Sebele.

Le Pont Nemba bâti à l’époque coloniale, était opérationnel jusqu’en 1961, juste après l’indépendance de la RDC. Depuis, il y a eu deux tentatives de reconstruction qui n’ont pas abouti, plongeant ainsi les populations des villages de Nemba à Kibanga (22 km) jusqu’à Kazimiya (site minier) et Karamba (site pétrolier et de pêche) dans une situation d’enclavement sans précédent. Elles ne pouvaient se déplacer qu’à pied ou en moto avec de petites quantités de leurs produits à évacuer (poissons, huile de palme, riz, maïs, manioc, haricot, arachides, bananes…).

Au moment de commencer les travaux de construction de ce pont dans le cadre du PICAGL, les riverains étaient très sceptiques au vu des dernières tentatives non réussies mais, malgré cela, ils ont fait confiance à l’UNOPS et au PICAGL parce qu’ils y fondaient un grand espoir pour le désenclavement de leur milieu.

Les travaux de construction de ce pont ont commencé le 01 novembre 2022, la dalle de roulement a été coulée le 04 mars 2023, soit 4 mois après le début des travaux et le premier véhicule a traversé le pont le 25 mars 2023 sous de grands applaudissements des populations locales amassées sur les deux rives de la rivière.

C’est à l’occasion que les populations des villages allant de Nemba à Kibanga ont vu pour la première fois un véhicule arriver dans leurs villages depuis plus de 62 ans, grande a été leur joie.

Les travaux de construction de ce pont ont permis aux populations des villages environnants de fournir du bois, des planches, des graviers, des moellons et autres fournitures à l’entreprise PROCOM chargée de la construction, ce qui leur a permis d’obtenir des revenus additionnels importants. Ils ont donné de l’emploi à 71 ruraux habitant dans les villages environnants pendant plus de 4 mois.

Cette zone enclavée en proie à l’insécurité est aujourd’hui fréquentée sans peur par les populations locales grâce à l’augmentation de la circulation due à l’existence du pont. Le Pont Nemba permet donc de désenclaver toute la zone de production allant de Nemba à Kibanga, Kazimiya et Karamba.

Pour rappel, UNOPS exécute dans le cadre du PICAGL, le volet Développement des infrastructures en appui aux chaines de valeur. Il s’agit principalement de : La réhabilitation de 405,5 km de routes de desserte agricole (y compris les ouvrages d’art) reliant les zones de production et les marchés dont 337,5 km par la méthode HIMO (soit 244,4 km au Sud-Kivu et 93,1 km au Tanganyika) et 68 en mode semi-mécanisé (dont 25 km au Sud-Kivu et 43 km au Tanganyika) ; – La réhabilitation de 693 ha d’aménagements hydro-agricoles dans le bassin de la vallée de Kiringye dans le Sud-Kivu (303 ha) et dans la vallée de Rugumba au Tanganyika (390 ha).

Bertin Bulonza

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