Les élections générales de 2023 en République Démocratique du Congo (RDC) se sont déroulées sans coupure d’Internet, contrairement aux scrutins précédents. Cette absence d’interruption a été saluée par l’organisation Partenariat pour la Protection Intégrée (PPI) et l’Integrated Refugee Organization (IRO) dans un rapport de recherche publié le 27 février 2025. Toutefois, cette étude met en évidence des formes de restrictions, de surveillance et de censure ayant limité la liberté d’expression et d’information en ligne.
Un Internet accessible, mais sous haute surveillance
Si les autorités congolaises n’ont pas imposé de coupure d’Internet, plusieurs formes de contrôle numérique ont été relevées. Selon le rapport, des mécanismes de filtrage, de surveillance des plateformes et de blocage de certains contenus ont été employés. Certains journalistes et militants des droits humains ont également fait l’objet d’intimidations et de menaces en ligne.
« Nous félicitons le gouvernement congolais d’avoir évité la coupure d’Internet, mais la surveillance et la censure ont persisté sous d’autres formes, limitant la liberté numérique des citoyens. », souligne Jonathan Magoma, Directeur Exécutif de PPI.
Le rapport indique que 41,7 % des personnes interrogées reconnaissent l’existence de censures en ligne, et que 50 % des répondants ont été victimes d’intimidation ou de harcèlement numérique.
Un accès à Internet coûteux et inégalitaire
Au-delà des restrictions politiques, l’étude souligne que l’accès à Internet en RDC demeure un privilège en raison des coûts élevés et d’une qualité de service insuffisante. Selon les données recueillies, 58,3 % des usagers déclarent que le prix des forfaits reste un frein majeur à l’utilisation d’Internet, notamment en milieu rural.
« Même quand on a de l’Internet, la connexion est si mauvaise qu’il est parfois impossible de communiquer. », témoigne un utilisateur.
L’étude recommande au gouvernement de réglementer les tarifs et d’améliorer les infrastructures télécoms pour garantir une connectivité stable et abordable à tous les citoyens.
Plaidoyer pour une liberté numérique effective
Face aux constats de restrictions et de surveillance, le rapport propose plusieurs recommandations. D’abord, renforcer la formation des défenseurs des droits humains et des journalistes en cybersécurité, ensuite plaider pour une réglementation claire interdisant la surveillance et la censure abusives et puis sensibiliser les citoyens aux enjeux de la liberté numérique et aux mécanismes de protection en ligne.
Le rapport insiste également sur la nécessité de collaborations entre les organisations de la Société Civile, les médias et les instances gouvernementales pour assurer un Internet libre et accessible.
Vers un Internet plus libre en RDC ?
L’absence de coupure d’Internet pendant les élections de 2023 marque un progrès notable par rapport aux scrutins précédents. Toutefois, la surveillance et les restrictions relevées dans le rapport de PPI et IRO rappellent que la liberté numérique reste une bataille constante en RDC.
Le gouvernement congolais sera-t-il prêt à mettre en place des réformes pour garantir un Internet libre et sécurisé pour tous ? La question reste ouverte.