La Nouvelle Société civile congolaise (NSCC) a salué le message publié le 20 juin 2026 par la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), à l’issue de son Assemblée plénière extraordinaire tenue à Kinshasa du 18 au 20 juin. Dans un communiqué officiel n°006/2026, la NSCC se félicite de l’engagement constant de l’Église catholique en faveur de la paix, de l’unité nationale, de la cohésion sociale et du respect de l’ordre constitutionnel, tout en réaffirmant la nécessité d’un débat démocratique inclusif sur les questions institutionnelles.
La NSCC estime que l’appel lancé par les évêques à la vigilance citoyenne face à toute atteinte aux principes fondamentaux de la Constitution constitue « une contribution importante au débat démocratique et à la consolidation de l’État de droit en République démocratique du Congo ».
L’organisation relève toutefois que le message de la CENCO n’exclut pas, de manière absolue, toute réflexion sur la Constitution. Selon elle, les évêques ont exprimé leur appréciation selon laquelle ils ne perçoivent, dans le contexte actuel, « ni la nécessité, ni l’urgence, ni l’opportunité » d’une réforme constitutionnelle, une position qui relève, selon la NSCC, de leur analyse pastorale et citoyenne.
« Cette position ne remet cependant pas en cause l’existence des mécanismes constitutionnels prévus pour toute éventuelle évolution des dispositions révisables de la Constitution », souligne la Nouvelle Société civile congolaise.
L’organisation considère également que l’appel de la CENCO à la vigilance des citoyens contre toute remise en cause des dispositions constitutionnelles déclarées intangibles traduit une volonté de préserver les principes fondamentaux consacrés par la Constitution, sans exclure le débat démocratique sur les autres dispositions susceptibles d’être examinées dans le strict respect des procédures prévues par la loi fondamentale.
La NSCC relève par ailleurs la préoccupation exprimée par les évêques concernant le respect de l’article 220 de la Constitution ainsi que leur opposition à toute tentative visant à instaurer un troisième mandat présidentiel en violation de l’ordre constitutionnel.
Cependant, l’organisation regrette ce qu’elle considère comme un silence de la CENCO sur « une autre violation grave de la Constitution », à savoir l’administration parallèle exercée dans une partie du territoire national par l’AFC-M23 sous la direction de Corneille Nangaa.
« Alors que cette rébellion exerce de fait des prérogatives relevant de la souveraineté de l’État, cette situation constitue également une atteinte directe à l’ordre constitutionnel que tous les défenseurs de la Constitution devraient dénoncer avec la même fermeté », affirme la NSCC.
Pour cette structure citoyenne, « la défense de la Constitution ne peut être sélective » et exige une condamnation cohérente de toutes les violations, qu’elles proviennent d’une éventuelle remise en cause des dispositions intangibles ou de l’occupation d’une partie du territoire national par des groupes armés défiant les institutions de la République.
La Nouvelle Société civile congolaise se dit convaincue que l’avenir institutionnel de la RDC ne peut être confisqué par aucun acteur politique, social ou institutionnel, ni soustrait au débat démocratique.
Elle estime que toute réflexion sur une éventuelle amélioration de la Constitution doit s’inscrire dans un cadre « légal, inclusif, apaisé, transparent et participatif », conformément aux dispositions de la Constitution, rappelant que le peuple congolais demeure le seul détenteur de la souveraineté nationale.
Enfin, la NSCC appelle l’ensemble des forces politiques, sociales, religieuses et citoyennes à privilégier le dialogue républicain, à rejeter toute forme de violence, de manipulation ou d’instrumentalisation des questions constitutionnelles, et à œuvrer ensemble pour la préservation de la paix, de l’unité nationale, de l’intégrité territoriale et du renforcement de l’État de droit.
