Les députés provinciaux du Nord-Kivu rejettent la création du Front pour la refondation de la nation (FRN), qu’ils considèrent comme une nouvelle appellation de l’AFC-M23. Dans une déclaration faite au bureau provisoire de l’Assemblée provinciale, les élus mettent en garde contre toute initiative politico-militaire susceptible de prolonger les violences dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) et appellent la population, particulièrement les jeunes, à rejeter l’instrumentalisation politique et le recours aux armes.
Dans leur déclaration, les députés dénoncent ce qu’ils qualifient de tentative de légitimation de l’agression rwandaise à travers cette nouvelle appellation. Ils rappellent les conséquences des conflits armés que subit le Nord-Kivu depuis plusieurs décennies, notamment les déplacements massifs de populations, les pertes en vies humaines et la destruction du tissu économique.
« On ne tue pas un peuple que l’on veut gouverner dignement », affirment-ils, réitérant leur opposition à toute nouvelle aventure de guerre.
Un appel à la jeunesse et au dialogue
Les élus provinciaux invitent les Congolaises et les Congolais, en particulier les jeunes du Nord-Kivu, à refuser toute instrumentalisation politique, tout recrutement au sein des groupes armés et tout discours susceptible d’alimenter de nouvelles violences.
Ils exhortent les acteurs politiques à privilégier l’intérêt supérieur de la nation, le dialogue républicain et le respect de la Constitution plutôt que le recours aux armes pour accéder au pouvoir.
Aux différentes communautés de la province, ils demandent de s’impliquer activement dans la recherche de la paix et de faire obstacle aux initiatives susceptibles de raviver le conflit. Évoquant les souffrances endurées par les populations depuis 1996, ils appellent à une mobilisation collective contre toute nouvelle escalade de la violence.
Renforcer les capacités des forces de défense
Sur le plan sécuritaire, les députés provinciaux recommandent au gouvernement congolais de renforcer les capacités opérationnelles des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et des volontaires pour la défense de la patrie, communément appelés Wazalendo.
Ils plaident également pour la poursuite des démarches diplomatiques visant à rétablir l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national.
À la communauté internationale, les élus demandent des mesures concrètes pour mettre fin à la guerre dans l’est de la RDC. Ils dénoncent le non-respect présumé par le Rwanda de ses engagements diplomatiques et estiment que l’apparition du FRN risque de fragiliser le processus de paix de Doha.
Ils réclament notamment la mise en œuvre de la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies, adoptée le 21 février 2025. Parmi leurs revendications figurent le retrait des troupes rwandaises du territoire congolais, la cessation de tout soutien à l’AFC-M23 et l’adoption de mesures concrètes en faveur du rétablissement de la paix.
Soutien aux processus de Doha et de Washington
Les députés provinciaux réaffirment leur soutien aux initiatives du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, en faveur de la défense de la souveraineté nationale, de la préservation de l’intégrité territoriale et du rétablissement de la paix.
Ils soutiennent également les processus diplomatiques de Doha et de Washington, souhaitant qu’ils aboutissent à la cessation définitive des hostilités, à la protection des civils et à une paix durable dans l’est du pays.
Estimant que la population congolaise a payé un lourd tribut humain et matériel après des décennies de conflits armés, les élus encouragent toute démarche de dialogue national sincère susceptible de favoriser la réconciliation et la cohésion nationale. Ils rejettent toutefois toute tentative de conquête du pouvoir par les armes.
« Notre combat, en tant que députés provinciaux, est celui de la vie contre la mort, de la paix contre la guerre et de l’unité contre la division », déclarent-ils.
Les élus concluent leur déclaration par un appel à la paix et à l’unité nationale : « Non à la guerre comme instrument politique. Non à la balkanisation de la RDC. Non à la soudanisation de la RDC. Oui au dialogue. Oui à la paix. »
