Les tensions restent vives sur plusieurs fronts dans l’est de la République démocratique du Congo. Alors que l’Alliance Fleuve Congo-M23 (AFC-M23) accuse les forces gouvernementales d’avoir intensifié leurs offensives aériennes et terrestres contre des zones sous son contrôle, les Forces armées de la RDC (FARDC) dénoncent de leur côté l’exécution sommaire de dix civils, attribuée aux rebelles dans le territoire de Rutshuru.
Dans plusieurs communiqués publiés entre le 1er et le 3 juin 2026, l’AFC-M23 par l’entremise de Lawrence Kanyuka, Chef de Département de la Communication, Médias, Postes et Télécommunications, Porte-Parole de l’Alliance Fleuve Congo – Mouvement du 23 Mars (AFC-M23), affirme que les forces gouvernementales et leurs alliés ont mené des bombardements répétés contre des zones qu’elle qualifie de « densément peuplées » dans les territoires de Fizi (Minembwe), Walikale et Masisi.
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Selon le mouvement rebelle, durant la nuit du 2 au 3 juin, des drones de combat de type KT-6 auraient été utilisés pour frapper les localités de Gakenke, Bidegu et Mikenke, dans les Hauts-Plateaux de Minembwe. L’AFC-M23 affirme également que, le 2 juin, des bombardements aériens et des tirs d’artillerie lourde auraient visé les localités de Bidegu, Gakenke, Mikenke ainsi que Kibati, à la frontière entre les territoires de Walikale et de Masisi.
Le mouvement soutient que ces opérations auraient provoqué des pertes civiles, des déplacements de populations et la destruction de biens et d’infrastructures. Il affirme maintenir ses positions afin d’assurer la protection des populations vivant dans les zones qu’il contrôle.
Dans un autre communiqué publié le 1er juin, l’AFC-M23 a également dénoncé ce qu’elle considère comme un renforcement militaire du gouvernement congolais sur plusieurs lignes de front, notamment au Sud-Kivu. Le mouvement prévient qu’il répondra à toute nouvelle attaque visant les territoires sous son contrôle.
De leur côté, les FARDC accusent la coalition AFC-M23 d’avoir commis de graves exactions contre des civils.
Dans un communiqué signé le 3 juin par le porte-parole intérimaire de l’armée congolaise, le lieutenant-colonel Mak Hazukay, l’état-major général affirme que des combattants de l’AFC-M23 ont exécuté sommairement dix civils le mardi 2 juin dans la localité de Kiseguru, près du Parc national des Virunga, dans le groupement de Binza, chefferie de Bwito, en territoire de Rutshuru.
L’armée congolaise indique également que plusieurs habitants auraient été arrêtés puis transférés à la prison centrale de Kanyangambi, à Rutshuru-Centre, sous l’accusation d’appartenir aux Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).
Les FARDC condamnent ce qu’elles qualifient de « nouvelle violation du droit international humanitaire » et réaffirment leur engagement à protéger les populations civiles ainsi qu’à défendre l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo.
Ces accusations croisées interviennent dans un contexte de fortes tensions sécuritaires dans l’est du pays, malgré les différents processus diplomatiques engagés ces derniers mois pour tenter de mettre fin au conflit.
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À ce stade, les informations avancées par les deux parties n’ont pas pu être vérifiées de manière indépendante. Les organisations humanitaires et les mécanismes internationaux de surveillance présents dans la région n’ont pas encore publié de rapport permettant de confirmer ou d’infirmer les allégations formulées par chacun des protagonistes.
En attendant, la situation demeure particulièrement préoccupante pour les populations civiles, qui continuent de subir les conséquences des affrontements, des déplacements forcés et de l’insécurité persistante dans plusieurs territoires du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
