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Jacques Matand Diyambi, journaliste congolais travaillant à la rédaction de la BBC basée au Sénégal, à Dakar, a été licencié le vendredi 7 février, pour « faute grave ».

C’est le Syndicat des professionnels de l’information et de la communication sociale du Sénégal (SYNPICS) qui a dénoncé cette décision injuste et la qualifie d’une « fuite en avant » de la rédactrice en chef qui « n’assume pas son rôle, de premier responsable de la diffusion de tout sujet ».

En réaction, le ministre congolais de droits humains, André Lite Asebea, a vite désapprouvé cette décision de la BBC au Sénégal.

Selon lui, ce journaliste ne peut être tenu responsable d’une quelque faute, dès lors que l’interview réalisée par lui a été acceptée et diffusée par la BBC, qui compte en son sein une hiérarchie censée filtrer les éléments recueillis par les journalistes avant leurs diffusions.

«C’est regrettable et c’est un coup dur pour le travail que vous faites, celui de journaliste à travers le monde, récolter,  traiter et diffuser l’information. Comme vous le savez,  la BBC est un média planétaire,  et par ce fait, nous savons qu’elle doit respecter les droits fondamentaux des individus. Faire les choses de cette façon là,  c’est tout, sauf promouvoir les droits fondamentaux de personnes, ni le respect de droits reconnus à tout individu. Le licenciement de ce journaliste n’a respecté aucune règle en la matière, qu’il soit Congolais ou d’une autre nationalité. », décrie André Lite Asebea dans une entrevue avec Scooprdc.net.

Même chose pour l’Union Nationale de la Presse du Congo (UNPC), qui a également désaprouvé de manière ferme ce licenciement  de Jacques Matand par la direction de la BBC Afrique.

« Ma réaction est celle de réprouver totalement cette décision inique, juste pour faire plaisir à un individu.  La lecture que j’en fais est que le Rwanda aujourd’hui a comme soutien de taille la Grande Bretagne, depuis qu’il a rejeté le français au profit de l’anglais et qu’il est devenu le plus grand pourvoyeur des minerais qu’il vole en RDC. », a dit à Actualite.cd, Kasonga Tshilunde, président de l’UNPC.

Contexte

En effet, ce journaliste congolais avait réalisé une interview en novembre  dernier, avec le journaliste d’enquête et essayiste Franco-camerounais, Charles Onana, auteur du livre, « La vérité sur l’opération Turquoise : Quand les archives parlent », publié au mois d’octobre 2019.

Selon la même source, la direction de la BBC-Afrique affirme avoir agi suite aux menaces et à la plainte du Gouvernement rwandais à son encontre par rapport à cette interview.

Auteur, depuis 2002, de plusieurs ouvrages polémiques sur le génocide des Tutsi, Charles Onana est régulièrement qualifié de « négationniste, dans la mesure où il accuse sans relâche la rébellion du FPR, alors commandée par Paul Kagame, d’avoir commis un double génocide contre les Hutu et d’avoir été à l’origine de l’attentat du 6 avril 1994 contre le Président Juvénal Habyarimana, qui servait de signal déclencheur aux massacres contre les Tutsi », écrit le magazine panafricain, Jeune Afrique.

Cette décision défraie la chronique et montre à quel niveau les médias du monde sont suspendus aux mamelles des riches politiciens. Elle tombe aussi mal, vu les origines de Jacques Matand. Congolais de pure souche, Jacques est victime d’une décision qui suscite moult interrogations, surtout que la République démocratique du Congo et le Rwanda ne sont toujours pas en odeur de sainteté.

Museza Cikuru

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