Le Mouvement des Sociétés Civiles Congolaises (MSCO) de Ziralo, dans le territoire de Kalehe au Sud-Kivu, tire la sonnette d’alarme sur la présence d’engins explosifs dans les champs de cette partie de la province. Selon cette structure citoyenne, plus de cinquante personnes ont déjà perdu la vie ces derniers mois en tentant de reprendre leurs activités agricoles.
Dans une déclaration rendue publique ce jeudi 18 juin 2026, le coordonnateur de la MSCO Ziralo, Ezéchiel Bahati Christian, affirme que les habitants, encouragés à regagner leurs villages et à reprendre les travaux champêtres pour assurer leur subsistance, se retrouvent confrontés à une menace invisible et permanente.
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« Depuis quelque temps, nos communautés font face à un danger silencieux et mortel. Alors que les autorités et les acteurs sécuritaires encouragent les populations à retourner dans leurs maisons et à reprendre leurs activités agricoles, la réalité sur le terrain est tout autre », déplore-t-il.
Selon la structure citoyenne, les terres cultivables seraient encore jonchées d’engins explosifs de guerre, de bombes et de mines artisanales abandonnés dans la végétation après les affrontements armés. Ignorant leur présence, les agriculteurs les déclencheraient accidentellement lors des travaux de défrichage ou de sarclage.
« Ces dispositifs meurtriers sont cachés sous la végétation. Lorsque les paysans commencent le défrichage ou le sarclage, ils activent par mégarde ces engins. Plus de cinquante personnes, des pères, des mères et des enfants, ont perdu la vie, non pas au combat, mais simplement en cherchant de quoi se nourrir », affirme Ezéchiel Bahati Christian.
Face à cette situation, la MSCO Ziralo plaide pour la sécurisation des terres cultivables et une assistance humanitaire en faveur des populations affectées. La structure indique que de nombreuses familles vivent désormais dans la peur permanente et hésitent à se rendre dans leurs champs, principale source de subsistance.
Elle appelle les autorités compétentes, les organisations humanitaires et le Service de lutte antimines des Nations unies (UNMAS) à déployer rapidement des équipes spécialisées afin de procéder au déminage des zones contaminées.
La MSCO demande également une prise en charge des veuves, des orphelins, des blessés ainsi que de toutes les personnes affectées physiquement ou psychologiquement par les explosions.
« Tant que le nettoyage n’est pas effectué, il y aura toujours des morts. Il est impératif que les autorités cessent d’encourager le retour à la terre sans avoir préalablement sécurisé les zones de culture et d’habitation. On ne peut pas demander aux gens de travailler dans un cimetière à ciel ouvert. Ce n’est pas la charité que nous demandons, mais la sécurité et le droit à la vie », insiste le coordonnateur de la MSCO Ziralo.
Depuis le début du conflit dans l’est de la République démocratique du Congo, la présence d’engins explosifs constitue l’une des menaces majeures pour les populations civiles. Plusieurs observateurs estiment que la méconnaissance des risques liés aux mines et autres restes explosifs de guerre contribue à la multiplication des accidents mortels et plaident pour un renforcement des campagnes de sensibilisation au sein des communautés.
