La spirale de violence se poursuit dans le territoire de Mambasa, en province de l’Ituri. Quelques heures après une incursion signalée à Mabakuha, une nouvelle attaque attribuée aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF) a frappé la localité d’Amani, dans le groupement Babila Teturi. Au moins sept civils ont été tués, selon des organisations locales.

D’après un communiqué de l’Association pour la promotion et la défense des droits de l’homme (APDEF/Mambasa), l’attaque s’est produite aux environs de 4 heures du matin dans cette localité située à plus de 30 kilomètres à l’ouest de Biakato-Centre, en chefferie de Babila Babombi.

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Le coordonnateur territorial de l’APDEF, Ram’s Malikidogo, fait état d’un bilan provisoire de sept civils tués, d’une vingtaine de maisons incendiées et de plusieurs personnes portées disparues.

Il précise toutefois que les vérifications restent difficiles en raison de la présence persistante des assaillants dans la zone.

Une série d’incursions en quelques jours

L’attaque d’Amani intervient dans un contexte de dégradation de la situation sécuritaire dans le groupement Babila Teturi.

La veille, des hommes présentés comme des présumés rebelles ADF avaient déjà attaqué la localité de Mabakuha. Une autre incursion avait également été signalée à Biamu, où aucun bilan n’était encore disponible.

Par ailleurs, un corps sans vie avait été découvert à Masenze, alimentant davantage les inquiétudes des habitants face à la multiplication des violences dans cette partie du territoire de Mambasa.

Des déplacements de population signalés

La Nouvelle Société civile congolaise (NSCC) du groupement Babila Teturi confirme la dégradation de la situation sécuritaire dans la zone.

Son coordonnateur, Grâce Kakundo Kasamba, indique qu’après l’attaque de Mabakuha, une partie des habitants d’Amani avait déjà commencé à quitter la localité, craignant une nouvelle offensive.

Selon cette organisation, ces déplacements témoignent du climat de peur qui gagne progressivement plusieurs villages de cette partie de Mambasa.

Les cultivateurs de cacao entre insécurité et contrôles

Au-delà des attaques armées, la NSCC attire également l’attention sur les difficultés rencontrées par les producteurs de cacao dans cette zone.

L’organisation affirme que certains cultivateurs seraient inquiétés par des agents chargés de la lutte contre la criminalité économique pour avoir conservé du cacao non fermenté à leur domicile.

Selon la NSCC, l’insécurité empêche pourtant de nombreux agriculteurs de poursuivre normalement la fermentation de leurs récoltes dans leurs champs. Plusieurs seraient ainsi contraints de ramener leur cacao à domicile afin de préserver leur sécurité.

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La Nouvelle Société civile congolaise demande aux services concernés de tenir compte de ce contexte exceptionnel.

Elle appelle également les autorités à renforcer les mesures de protection des populations civiles et invite les habitants à collaborer avec les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ainsi qu’avec les services de sécurité.

Au moment de la publication de cet article, aucune réaction officielle des autorités militaires n’était encore disponible concernant l’attaque d’Amani ni sur l’évolution de la situation sécuritaire dans le groupement Babila Teturi.

Roger Kakulirahi

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