Les interruptions répétées de la fourniture d’électricité à Goma affectent le fonctionnement de plusieurs petites activités économiques. Dans les ateliers de couture et de menuiserie ainsi que dans les salons de coiffure, la réduction des heures de travail entraîne des retards dans les commandes, une baisse de la production et des difficultés à couvrir certaines charges.
Rencontrés par un reporter de La Prunelle RDC, plusieurs professionnels expliquent subir les conséquences de la multiplication des coupures d’électricité fournies par Virunga Energy.
Dans les ateliers de couture, les interruptions du courant ralentissent notamment l’exécution des commandes. Grace Alima, couturière, dit accumuler les vêtements et uniformes à confectionner sans pouvoir respecter les délais convenus avec ses clients.
« Le courant me pénalise parce que j’ai beaucoup de vêtements et d’uniformes à coudre, mais ça n’évolue pas puisqu’il n’y a pas de courant. En dehors de cela, on risque de m’arrêter parce que je ne parviens pas à respecter les délais », déplore-t-elle.
Des retards dans les ateliers de menuiserie
Les difficultés sont également signalées dans les ateliers de menuiserie, où certaines machines utilisées pour la découpe et la transformation du bois fonctionnent à l’électricité.
Jonathan Birusa, menuisier, explique que les coupures l’empêchent régulièrement d’achever ses travaux dans les délais.
« J’avais un travail à finaliser pour mon patron, mais aujourd’hui, il risque de me prendre pour un farceur parce que je n’ai pas terminé son travail, faute de courant. Dans mon atelier, il serait préférable qu’on cherche une solution à ces coupures d’énergie », explique-t-il.
Ces perturbations ont également modifié ses horaires de travail. Le menuisier affirme qu’il pouvait auparavant exposer ses réalisations jusqu’à 20 heures, notamment pour toucher les clients présents dans le secteur en soirée. Il dit désormais être contraint de fermer son atelier dès 18 heures.
Les salons de coiffure également touchés
Dans les salons de coiffure, les conséquences se ressentent principalement sur le nombre de prestations réalisées chaque jour.
Patrick, coiffeur rencontré par le reporter de La Prunelle RDC, estime que la réduction du temps de travail entraîne directement une baisse de ses recettes.
« Le temps de prestation a diminué avec ces délestages. Cela nous empêche de réaliser une bonne recette et affecte le paiement du loyer et des taxes. Je peux simplement demander qu’on améliore la fourniture d’électricité comme c’était avant, car cela nous pénalise de travailler à temps partiel », affirme-t-il.
Pour ces professionnels, les coupures d’électricité dépassent ainsi la simple difficulté technique. Elles affectent la production, les délais de livraison, les recettes quotidiennes et la capacité à honorer les charges liées à leurs activités.
Dans une ville où de nombreux travailleurs dépendent de petites entreprises, ateliers et activités de services, ces témoignages illustrent les répercussions économiques des interruptions de la desserte électrique.
Les professionnels concernés souhaitent donc une amélioration de la régularité de l’approvisionnement en électricité, afin de pouvoir reprendre leurs activités dans des conditions plus stables et préserver leurs revenus.
Salomon Kwiraviwe
