Plusieurs siècles après la traite des Africains et l’esclavage, les Nations unies appellent les États à passer des discours aux actes. Pour le Comité pour l’élimination de la discrimination raciale (CERD), les excuses et les reconnaissances doivent désormais s’accompagner de réparations concrètes face aux inégalités qui persistent.

L’esclavage appartient au passé, mais ses conséquences continuent de se faire sentir dans le présent. À l’occasion de la Journée internationale des personnes d’ascendance africaine, célébrée le 31 août, le Comité des Nations unies pour l’élimination de la discrimination raciale (CERD) a appelé les États à s’engager dans une véritable démarche de justice réparatrice.

Indemnisation, restitution, réhabilitation, réformes institutionnelles et garanties de non-répétition : pour les experts du Comité, la réparation des injustices liées à la traite des Africains réduits en esclavage ne peut se limiter à de simples déclarations de regret ou à des excuses symboliques.

« Les reconnaissances et les excuses devraient s’accompagner de mesures concrètes et ne devraient pas se substituer à d’autres formes appropriées de réparation », ont-ils insisté.

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Le CERD rejette également l’argument du temps écoulé. Selon le Comité, le caractère ancien de ces crimes ne saurait exonérer les États de leur responsabilité, alors que les conséquences de cette histoire continuent de se manifester à travers le racisme systémique et les inégalités structurelles.

Des inégalités qui traversent encore les sociétés

Pour le Comité, l’héritage de l’esclavage reste perceptible dans plusieurs domaines de la vie sociale.

Dans différents pays, les personnes d’ascendance africaine continuent de faire face à des obstacles et à des disparités en matière d’éducation, de santé, de mobilité économique et de sécurité environnementale.

Les violences racialisées, les stéréotypes ainsi que certaines politiques susceptibles de perpétuer le racisme anti-Noirs contribuent également au maintien de ces inégalités, souligne le CERD.

Face à cette situation, les experts plaident pour l’adoption de plans d’action nationaux élaborés avec la participation des communautés concernées et assortis d’échéances précises.

Les États sont également invités à revoir les lois et politiques susceptibles de maintenir la discrimination ou de faire obstacle aux processus de réparation.

Les entreprises et institutions privées également concernées

L’appel du Comité ne s’adresse pas uniquement aux gouvernements.

Les Nations unies soulignent également la responsabilité historique de certains acteurs privés ayant participé à la traite négrière, l’ayant facilitée ou ayant tiré des bénéfices de ce système.

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Universités, organisations religieuses, banques, entreprises, compagnies d’assurance et autres institutions financières sont ainsi appelées à reconnaître leur rôle dans cette histoire, à ouvrir leurs archives et à contribuer aux processus de réparation en fonction de leur niveau d’implication.

Pour le CERD, la justice réparatrice doit donc dépasser le cadre purement symbolique.

Elle suppose une reconnaissance du passé, mais surtout l’adoption de décisions et de mesures capables de corriger les inégalités qui ont survécu à l’abolition de l’esclavage.

À travers cette prise de position, le message du Comité est clair : la mémoire seule ne peut suffire à réparer.

Après les excuses et les reconnaissances, les Nations unies réclament désormais des engagements concrets, mesurables et durables afin de faire face aux conséquences persistantes de l’esclavage et de la traite des Africains.

Salomon Kwiraviwe

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