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    En République Démocratique du Congo, la tension salariale est parmi les sujets chauds débattus au cours de la campagne électorale en cours pour les scrutins du 20 décembre. Alors que dans d’autres pays du monde, le salaire  en politique et en administration est public; en RDC  cette question jugée sensible reste un mystère. 

    Une inégalité salariale s’est installée créant ainsi deux classes sociales dont celles de plus riches et de plus pauvres. Une question révoltante qui devrait être priorisée dans la prochaine mandature.

    « Le salaire est un secret!» C’est en tout cas le mot fétiche de presque tous les grands hommes de la RDC. Le Président Tshisekedi et candidat à sa propre succession avait lui-même jeté le pavé dans la marre, affirmant qu’il ne savait pas combien il touchait.

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    Seul le salaire des enseignants, militaires et autres petits fonctionnaires de l’Etat est connu par un grand public. Bien sûr que cette catégorie de personne n’appartient pas à la classe d’hommes et femmes riches.

    Des députés nationaux toucheraient 21 milles dollars alors qu’un enseignant touche plus ou moins 300 mille francs congolais à l’Est de la RDC. Une question qui fâche

    Le citoyen Lambda souhaite que le salaire des animateurs des institutions soit public et revu à la baisse pour que tout congolais jouisse des richesses du pays.

    Des enseignants se plaignent

    « L’inégalité salariale c’est la grande préoccupation des enseignants. Nous sommes en train d’élire les gens qui sont égocentriques, ils n’ont pas le souci des autres. On leur fait des salaires  exorbitants, et à celui qui donne l’éducation et qui promeut la formation, on le laisse dans la misère. Ils ne veulent pas que la condition des autres soit améliorée. Un enseignant de l’école primaire touche 300 milles francs à l’Est mais quand vous allez à Kinshasa ils touchent au-delà. Nous demandons à ceux qui seront élus au sein de l’Assemblée Nationale de rabattre le salaire des autorités à la tête du pays. C’est dans le but d’équilibrer les salaires des militaires, enseignants, et autres. C’est inconcevable d’être de même niveau éducatif mais payé inégalement. Un bon père d’une famille partage équitablement à ses enfants. Pourtant, c’est nous qui éduquons les enfants. Le taux de change n’est pas aussi stable », Joseph Lutwamuzire, Directeur adjoint d’une école dans la ville de Bukavu.

    Des jeunes se présentent comme « révoltés » et plusieurs candidats soutiennent le changement de la classe politique. Ils trouvent anormal que les plus riches soient en politique et les plus pauvres dans l’enseignement, la fonction publique et dans les services de défense et de sécurité.

     Ils demandent tous la baisse de salaire des animateurs des institutions politiques pour un partage équitable de la richesse du pays.

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    Sujet important de campagne

    Des nombreux candidats députés nationaux et/ou provinciaux ne cachent pas leur malaise quand on en parle s’engageant clairement à se battre pour que les choses soient différentes à l’issue des élections de ce mois de décembre.

    Me Patient Bashombe, candidat député national dans la ville de Bukavu pense que ces salaires que reçoivent certains animateurs des institutions corrompent et cela doit cesser.

    « Nous venons de nous engager en politique. Nous sommes issus de la société civile pour lutter contre le système de gouvernance de prédation. Les grandes ressources sont accaparées par une catégorie des congolais, c’est-à-dire, les dirigeants. Cette partie de personnes à des salaires que moi j’appelle ‘’ salaires-corruption ‘’. On vous met à un poste et on vous donne un montant salarial exorbitant. Ce montant corrompt déjà votre esprit. Vous prenez cette somme afin de satisfaire celui qui vous a donné le poste. Peu importe ce qui serait fait de négatif ; vous ne trahirez jamais. L’injustice sociale crée une rupture de la cohésion sociale. Un député touche 21 milles dollars Un enseignant a moins de 150 dollars, un policier touche moins de 100 dollars et un Président selon nos enquêtes touche 600 milles dollars» se révolte Patient Bashombe.

    Pour cet ancien Président de la Société Civile du Sud-Kivu, la tension salariale est tellement élevée.

    « Les chances ne sont pas équilibrées. Ces révoltés ne veulent combattre personne mais le système d’inégalité sociale. Il faut que la République Démocratique du Congo ait une nouvelle grille salariale » conclut-il.

    A l’instar de Patient Bashombe, les candidats Docteur Alumeti Munyali, Constant Koko Mudekereza, Amato Ntabala, Delphie Namuto…invités par La Prunelle RDC, ont pris l’engagement de faire de la réduction de la tension salariale, une question prioritaire.

    Des députés nationaux en fonction et candidats à leur propre succession se prononcent rarement sur cette question alors qu’ils sont accusés de s’être enrichis au détriment du plus grand nombre.

    Claudine Kitumaini
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