À quelques jours du lancement de l’Examen National de Fin d’Études Primaires (ENAFEP), prévu les jeudi 4 et vendredi 5 juin 2026 sur toute l’étendue de la République démocratique du Congo, plusieurs écoles de la ville de Bukavu s’activent pour finaliser les préparatifs malgré de nombreux défis liés à la logistique, au financement et au respect des mesures sanitaires imposées par l’épidémie d’Ebola.
Dans plusieurs établissements scolaires visités, les responsables affirment avoir bouclé les programmes d’enseignement. Toutefois, la gestion pratique de l’organisation des examens reste une source de préoccupation, particulièrement dans les écoles publiques confrontées à des difficultés financières et à l’insuffisance des infrastructures.
À l’École Primaire Nyalukemba, la directrice Isabelle Mparanyi Nyinjihya explique que le principal défi concerne l’application des mesures barrières contre Ebola exigées par les autorités éducatives et sanitaires.
Selon elle, l’obligation de respecter la distanciation physique avec un élève par banc risque de compliquer fortement l’organisation des salles d’examen.
« On a des difficultés car on a trois mois impayés pour les frais de fonctionnement. Pour les mesures de prévention contre Ebola, le problème est de savoir combien de classes nous allons utiliser, mais aussi si l’inspection aura la possibilité de nous envoyer des surveillants suffisants », explique-t-elle.
Malgré ces difficultés, la directrice affirme que les enseignants se sont mobilisés afin de terminer le programme scolaire avant les examens.
Dans certains établissements confessionnels, l’accent a été mis sur les révisions intensives et la préparation psychologique des élèves.
À l’École Primaire Collège Alfajiri 1, le directeur Déon Mwishigo indique que les élèves sont actuellement soumis à des exercices pratiques basés sur les anciennes épreuves nationales afin de renforcer leur maîtrise des matières principales.
Cependant, il dénonce certaines pratiques de fraude qui, selon lui, fragilisent la crédibilité de l’ENAFEP dans certaines écoles.
« On soumet nos élèves à des exercices des items des années précédentes. On a une perte de confiance avec les fraudes des items qui se sont passées les années précédentes dans certaines institutions qui avaient donné des questionnaires à leurs élèves, contrairement à nous », regrette-t-il.
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Dans les écoles privées, les responsables se montrent globalement rassurants quant au niveau de préparation des candidats.
Au Complexe Scolaire Les Progrès, le directeur Eustache Matabaro affirme que la dernière phase des préparatifs consiste à identifier les difficultés persistantes chez certains élèves afin d’y apporter des corrections avant les épreuves.
« À présent, nous sommes en train de mettre les points sur les i, c’est-à-dire que nous voudrions maintenant tamiser pour voir quels sont les élèves qui éprouvent encore des difficultés et les éradiquer », explique-t-il.
Au Groupe Scolaire La Fortune, le directeur Ombeni Justin estime que l’année scolaire s’est déroulée dans de meilleures conditions malgré les crises sécuritaires et sanitaires qui touchent l’Est du pays.
Il se félicite notamment du bon déroulement des évaluations préparatoires organisées récemment dans son établissement.
« Cette année, les enfants sont suffisamment outillés. Ils ont eu l’essentiel de ce qui était prévu au programme de la sixième année. Un examen de pré-ENAFEP a témoigné que nos élèves sont prêts à affronter cet examen national », affirme-t-il.
Selon lui, la multiplication des centres d’examen devrait également permettre de limiter les regroupements importants et faciliter le respect des mesures sanitaires contre Ebola.
Au-delà des aspects pédagogiques, plusieurs responsables scolaires évoquent également la pression liée au calendrier scolaire. De nombreuses écoles doivent en effet libérer rapidement leurs infrastructures afin de permettre l’organisation prochaine des examens d’État du secondaire.
Cette situation oblige certains établissements à accélérer leurs dernières activités administratives avant la fin du mois de juin.
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Dans un contexte marqué par les défis sanitaires, les contraintes financières et les inquiétudes liées à l’épidémie d’Ebola, les chefs d’établissements, les enseignants et les parents espèrent néanmoins que les épreuves de l’ENAFEP se dérouleront dans de bonnes conditions.
À Bukavu, la réussite de cet examen national dépendra autant de la préparation académique des élèves que de la capacité des écoles à faire face aux multiples défis organisationnels imposés par la situation actuelle.
Landry Barhalibirhu & Amina Lutonde
