Le Front pour la refondation nationale (FRN-M23), accuse les forces « coalisées » du gouvernement congolais d’avoir mené de nouvelles attaques contre des zones habitées dans le territoire de Masisi, au Nord-Kivu, et à Minembwe, au Sud-Kivu, mardi 3 novembre 2026. Dans deux communications publiées par son porte-parole, Lawrence Kanyuka, le mouvement armé fait état de quatre civils tués et de dix blessés à Masisi, ainsi que de dégâts matériels à Minembwe.

Dans sa première communication, le FRN affirme que des attaques simultanées ont été lancées à partir de 6 h 20 contre les localités de Mahanga, Buhimba et Kazinga, dans le territoire de Masisi. Selon Lawrence Kanyuka, ces opérations auraient été menées à l’aide de l’artillerie lourde et de troupes déployées au sol. Le bilan provisoire avancé par le mouvement fait état de quatre civils tués et de dix blessés.

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Le porte-parole affirme que ces attaques se sont produites alors qu’une délégation de la MONUSCO, conduite par son représentant spécial, James Swan, rencontrait les dirigeants du FRN à Goma, sous la présidence de Joseph Kabila Kabange, présenté par le mouvement comme son président.

Face à ces événements, Lawrence Kanyuka indique que les forces du FRN-M23 ont été déployées sur le terrain afin de protéger les populations civiles et d’établir un périmètre de sécurité.

Dans une seconde communication, le même porte-parole accuse les forces gouvernementales d’avoir mené deux frappes successives au moyen de drones contre le centre de Minembwe, mardi soir, à 20 heures 30 puis à 20 heures 55.

Selon cette déclaration, les bombardements auraient causé d’importants dégâts matériels, endommagé plusieurs habitations et des biens appartenant aux habitants. Le FRN précise que le bilan humain et l’ampleur des dégâts n’étaient pas encore établis au moment de la publication de son communiqué et annonce que des informations complémentaires seraient communiquées ultérieurement.

Des accusations formulées dans un contexte de consultations avec la MONUSCO

Ces accusations interviennent quelques heures après la rencontre entre James Swan et les dirigeants du FRN à Goma. Les échanges ont notamment porté sur le processus de paix de Doha, le renouvellement du mandat de la MONUSCO, la situation politique et sécuritaire ainsi que les perspectives d’évolution de la Constitution congolaise.

Dans son compte rendu, Bertrand Bisimwa, vice-président du FRN, avait notamment dénoncé ce qu’il qualifie d’activisme militaire des forces gouvernementales et de leurs alliés sur plusieurs lignes de front. Il avait cité les axes Kaziba, Katogota-Luvungi, Mwenga-Akasika, Shabunda, Bunyakiri, Walikale, Pinga-Empeti, Lubero-Katondi, Minembwe, Masisi et Kalehe, où il affirmait que des attaques et des bombardements étaient signalés.

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La rencontre entre James Swan et les responsables du FRN s’inscrit dans le cadre des consultations engagées par la MONUSCO avec les acteurs concernés par le conflit dans l’Est de la République démocratique du Congo. Les discussions portent notamment sur la protection des civils, l’accès humanitaire et les mécanismes de suivi et de vérification du cessez-le-feu, dont le Mécanisme conjoint de vérification élargi Plus (MCVE+/EJVM+).

À ce stade, les bilans et les circonstances des attaques rapportées à Masisi et à Minembwe reposent sur les déclarations du seul FRN-M23. Les FARDC et le gouvernement congolais n’ont pas encore réagit.

Jean-Luc M.

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