Des femmes leaders, des actrices communautaires, des jeunes filles et des hommes ont échangé, mercredi 28 octobre 2026, à Bukavu, sur le rôle des femmes dans le rétablissement de la cohésion sociale et le renforcement de la résilience communautaire au Sud-Kivu. Organisée dans la salle Witness par le mouvement Rien Sans les Femmes sous le soutien financier de l’Ambassade de Suède à travers CAFOD, cette activité s’inscrit dans le cadre du Projet Tufaulu Pamoja.
Placée sous le signe de la participation des femmes à la consolidation de la paix, cette journée a notamment permis de remettre en question les perceptions qui réduisent les femmes au statut de victimes des conflits, alors qu’elles peuvent contribuer activement à la prévention des violences et à la cohabitation pacifique.
Facilitant les échanges, Stella Yanda, de l’organisation Initiative Alpha, a rappelé que les femmes, bien qu’elles soient souvent parmi les premières victimes des conflits, doivent également être reconnues comme des actrices essentielles des processus de paix et de sécurité.
« Bien qu’elles soient les premières victimes des conflits structurels et conjoncturels, les femmes ne doivent pas seulement subir les décisions prises au plus haut niveau. Elles sont des actrices clés indispensables pour améliorer la sécurité et la cohabitation pacifique », a-t-elle souligné.
Elle a également insisté sur l’importance de la Résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies, qui appelle notamment à renforcer la participation des femmes aux processus de paix et de sécurité.
De son côté, Agnès Sadiki, également facilitatrice de la journée, a expliqué la différence entre la paix négative, caractérisée par une simple absence de violences, et la paix positive, fondée sur le respect des droits humains, l’accès équitable aux ressources économiques et la participation inclusive des femmes et des hommes à la gouvernance.
Elle a également défini la résilience comme la capacité des communautés à s’adapter aux difficultés, à se relever après les crises et à transformer les conflits, plutôt que de simplement les subir.
Des actions concrètes pour renforcer le leadership féminin
Les échanges ont débouché sur plusieurs pistes d’action, notamment l’implication des hommes comme alliés dans la lutte contre les stéréotypes culturels qui marginalisent les femmes, ainsi que le renforcement des capacités des femmes et des jeunes filles en matière de prise de parole, de négociation et de médiation communautaire.
Les participantes ont également été encouragées à prendre des initiatives et à ne pas attendre passivement d’être invitées aux tables de négociation. Elles ont été appelées à s’imposer comme des actrices à part entière dans les démarches visant à prévenir les conflits et à construire la paix, à l’image de figures féminines inspirantes aux niveaux local et international.
Pour les facilitatrices, la persistance d’une perception des femmes principalement comme victimes constitue un obstacle à leur participation effective aux décisions qui concernent leurs communautés. Elles ont ainsi réaffirmé la nécessité de placer les femmes au centre des initiatives de rétablissement de la paix et de renforcement de la cohésion sociale.
À travers cette activité du programme Tufaulu Pamoja, le mouvement Rien Sans les Femmes et ses partenaires rappellent que la construction d’une paix durable au Sud-Kivu nécessite une participation effective des femmes à tous les niveaux de décision.
