Dans le village de Kabulu 1, qui accueille des centaines de familles déplacées venues de Masisi, de Rutshuru et des hauts plateaux de Kalehe, l’association ADBA, avec l’appui du Programme alimentaire mondial (PAM), accompagne les déplacés et les familles d’accueil démunies à travers une formation aux activités génératrices de revenus (AGR).

    L’initiative vise à renforcer leur autonomie financière face à la prolongation de la crise et à la diminution des moyens de subsistance.

    Lire aussi : RDC : Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté, le Centre de la Mobilité Humaine appelle à renforcer la protection sociale et la dignité des populations vulnérables

    Après plusieurs mois de déplacement, de nombreuses familles ont perdu leurs principales sources de revenus, notamment leurs champs, leur bétail et leurs petits commerces. La situation affecte également les ménages qui les accueillent, dont les ressources s’amenuisent sous le poids des besoins supplémentaires.

    Dans ce contexte, l’aide alimentaire d’urgence ne suffit plus à couvrir durablement les besoins des ménages. Le programme mis en œuvre par ADBA avec l’appui du PAM entend donc favoriser leur autonomie à travers l’apprentissage de petites activités économiques.

    A l’issue de la formation, chaque ménage bénéficiaire reçoit un appui financier destiné à lancer une activité susceptible de lui procurer des revenus.

    Selon les bénéficiaires, les effets attendus de cette initiative concernent notamment l’alimentation, l’éducation des enfants et les relations entre les communautés.

    La création de petits commerces, la fabrication de savon, la pâtisserie et le repiquage des sticks figurent parmi les activités évoquées. Grâce aux revenus générés, les ménages peuvent espérer acheter des légumes, payer les frais de mouture des céréales et répondre à d’autres besoins quotidiens sans dépendre exclusivement des distributions humanitaires.

    Ces revenus peuvent également contribuer à la scolarisation des enfants, dont certains risquent de rester à la maison faute de moyens pour payer les frais scolaires.

    Au-delà de l’aspect économique, le soutien aux activités génératrices de revenus est aussi présenté comme un moyen de réduire les tensions entre les personnes déplacées et les communautés qui les accueillent à Kabulu 1.

    L’initiative vise également à prévenir les stratégies de survie négatives, notamment les pratiques de prostitution de survie et le risque d’enrôlement de jeunes dans les groupes armés, auxquels certaines personnes vulnérables pourraient être exposées en l’absence de perspectives économiques.

    Les femmes figurent parmi les principales bénéficiaires de cette initiative. En développant une petite activité, elles peuvent contribuer aux dépenses familiales, envisager de constituer une épargne et participer à des groupes de solidarité, notamment les MUSO-AVEC, en prévision d’un éventuel retour dans leurs milieux d’origine.

    Pour les ménages déplacés comme pour les familles d’accueil démunies, l’accès à des moyens de subsistance représente ainsi une possibilité de retrouver progressivement une stabilité économique et de préserver leur dignité.

    Article produit dans le cadre du projet « Habari za Mahali », une initiative du consortium RATECO et REMEL-GL avec le soutien de Media4dialogue de la Benevolencija. 

    Share.
    Leave A Reply

    Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Découvrez comment les données de vos commentaires sont traitées.