Au total, 25 journalistes de Bukavu et de plusieurs territoires du Sud-Kivu ont été formés sur la vérification des faits, communément appelée fact-checking, et l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA). La formation a été organisée par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), en collaboration avec le réseau de fact-checkeurs Balobaki Check.
Cette formation de deux jours s’est tenue du 16 au 17 septembre 2026 à l’Hôtel Horizon, dans la commune d’Ibanda, à Bukavu.
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Elle visait notamment à renforcer les capacités des professionnels des médias face aux défis liés à la circulation et à la publication de fausses informations sur les réseaux sociaux, ainsi qu’à l’utilisation croissante de l’intelligence artificielle.
Les organisateurs ont également voulu promouvoir l’éthique professionnelle face aux contenus douteux et à la désinformation, tout en initiant les participants aux principes, méthodes et outils du fact-checking.
Renforcer la vérification de l’information
La formation intervient dans un contexte marqué par la circulation de différents types d’informations préjudiciables sur les réseaux sociaux, notamment la mésinformation, la désinformation et la malinformation.
À cette occasion, Balobaki Check a notamment rappelé le rôle du fact-checking dans le travail journalistique. Il s’agit notamment de permettre aux journalistes de décoder le vrai du faux, de décrypter les informations et les faits dans un contexte marqué par une forte circulation des contenus, mais aussi de jouer un rôle d’intermédiaire entre les gouvernants et les gouvernés.
Les participants ont également été formés sur les composantes d’un pitch de vérification, une approche permettant de structurer la collecte d’informations nécessaires à la vérification d’un fait. Parmi les éléments abordés figurent notamment la citation, la viralité, le contexte, les preuves, les URL et l’état de l’information.

La formatrice a par ailleurs déconseillé le recours à des informations « off record » dans l’élaboration d’articles de fact-checking, afin d’éviter d’introduire de nouveaux éléments susceptibles de susciter des doutes sur la vérification réalisée.
Plusieurs outils ont également fait l’objet de démonstrations et d’échanges, notamment Wikidata/Wikipedia, Google Sheets, Google Lens, la recherche par image et TinEye, entre autres.
Le CICR souligne les enjeux liés à la désinformation
À la clôture de la formation, la cheffe de la sous-délégation du CICR au Sud-Kivu, Eliane Chahwane, a remercié les participants pour leur implication et la qualité des échanges.
« Merci de vous avoir activement investis dans la formation à travers les échanges constructifs et de qualité. Les questions de l’information préjudiciable, c’est-à-dire la désinformation, la mésinformation, la malinformation et les discours de haine, constituent pour les organisations humanitaires comme le CICR autant un enjeu réputationnel qu’un risque opérationnel réel », a-t-elle déclaré.
Elle a également remercié les participants venus de l’extérieur de Bukavu, notamment de Walungu Centre, Kaziba et Kamanyola, pour avoir répondu à l’invitation du CICR.
Selon Eliane Chahwane, le développement des réseaux sociaux et de l’intelligence artificielle permet désormais à des individus ou entités peu informés ou malintentionnés de participer à la création et à la diffusion de contenus. La viralité de l’information peut, selon elle, accroître considérablement leur capacité de nuisance pour l’action des acteurs humanitaires.
« Le rôle des journalistes est plus que jamais crucial afin d’avoir un espace d’information sain, utile et protecteur pour des personnes affectées par les conséquences des conflits armés », a-t-elle souligné.
La responsable du CICR au Sud-Kivu a enfin salué la collaboration entre l’organisation et les médias de la province, ainsi que le professionnalisme des journalistes et la qualité du dialogue établi avec le CICR. Elle a également souligné la collaboration avec le réseau de fact-checking Balobaki Check.
