À Goma, un atelier d’apprentissage organisé par CAFOD et ses partenaires met l’accent sur le renforcement des capacités institutionnelles des acteurs locaux et nationaux afin d’accroître leur participation et leur leadership dans le cycle de la réponse humanitaire en République démocratique du Congo. La rencontre, organisée du 20 au 21 août 2026, s’inscrit dans le cadre du projet « Local SPACE », financé par ECHO.

    Mis en œuvre par CAFOD, en consortium avec Christian Aid, Trócaire, Save the Children et la Humanitarian Leadership Academy, le projet cherche notamment à développer une solution reproductible et évolutive fondée sur la complémentarité et le partage des capacités entre les acteurs locaux et nationaux (L/NA) et les acteurs internationaux.

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    Lors de cet atelier, Claude de Marie Nezehose, officier du projet Local SPACE à CAFOD, a expliqué que l’objectif spécifique de la démarche est d’aboutir à un modèle permettant de renforcer durablement les capacités des organisations locales et nationales et leur implication dans les différentes étapes de la réponse humanitaire.

    « Depuis quelque temps, les donateurs, les différents acteurs humanitaires et les organisations internationales se sont rendu compte que l’aide humanitaire ne réduisait pas véritablement l’exposition des personnes assistées aux catastrophes. En essayant d’en analyser les causes, ils ont constaté que les acteurs locaux et les communautés n’étaient pas suffisamment impliqués dans le circuit de la réponse humanitaire. »

    Claude de Marie Nezehose souligne également que cette réflexion intervient dans un contexte de réduction des ressources disponibles alors que les besoins humanitaires continuent d’augmenter.

    « Pendant ce temps, les fonds disponibles au niveau mondial deviennent de plus en plus réduits, alors que les besoins en aide humanitaire ne cessent d’augmenter. Pour combler le fossé entre la croissance des besoins et le manque de ressources financières, il fallait trouver des stratégies permettant de rendre plus efficace le peu d’aide disponible pour répondre aux questions humanitaires. »

    Un modèle basé sur la complémentarité et le partage des capacités

    L’événement de Goma a permis aux participants d’examiner le modèle de renforcement des capacités institutionnelles des acteurs locaux et nationaux susceptible d’améliorer leur participation et leur leadership dans le cycle de la réponse humanitaire.

    Local Space

    Les participants ont notamment été appelés à partager les bonnes pratiques, les leçons apprises et les recommandations susceptibles de permettre l’adaptation et la réplicabilité de ce modèle.

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    Une partie importante des travaux a été consacrée à la présentation des résultats d’une consultation portant sur une solution reproductible et évolutive basée sur un réseau de complémentarité et de partage des capacités entre les acteurs locaux, nationaux et internationaux. Les participants ont ensuite procédé à un test de ce modèle en groupes.

    Le programme prévoyait également des séances de collecte d’apprentissage, destinées à documenter les expériences et les enseignements issus des échanges.

    Le rôle du secteur privé, du monde académique et de la recherche

    L’atelier ne s’est pas limité aux relations entre organisations humanitaires. La deuxième journée a notamment porté sur le rôle du secteur privé, du monde scientifique, académique, des centres de recherche et de formation dans le renforcement des capacités institutionnelles des organisations de la société civile du secteur humanitaire.

    Cette réflexion rejoint l’un des objectifs annoncés du projet : identifier les différents acteurs susceptibles de contribuer au renforcement durable des capacités des organisations locales et nationales.

    Pour Florent Babi, Coordinateur du Secrétariat Technique du Conseil National des Fora des ONGs Humanitaires et de Développement (CONAFOHD), la réussite de cette démarche dépendra toutefois de la volonté des différents acteurs de respecter les engagements pris lors des échanges, notamment en ce qui concerne l’implication des communautés dans les mécanismes de réponse aux crises.

    Trois provinces particulièrement touchées par les crises

    Le projet cible notamment Goma, Bukavu et Bunia, en raison du contexte humanitaire et sécuritaire qui caractérise le Nord-Kivu, le Sud-Kivu et l’Ituri.

    « Depuis les années 1990, ces trois provinces traversent des crises. Si l’on observe le nombre de personnes déplacées, c’est dans ces zones que se concentre une grande partie de cette population. Aujourd’hui, les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri abritent plus de 90 % des personnes déplacées internes, et la province du Sud-Kivu, à elle seule, compte plus de 4 millions de personnes déplacées. »

    Dans ce contexte, le renforcement des organisations présentes au plus près des communautés est présenté comme un moyen d’améliorer l’efficacité, l’efficience et l’inclusivité de la réponse humanitaire.

    Pour Linda Babingwa Queen, membre de la Ligue pour la Solidarité Congolaise (LSC), les acquis de l’atelier devraient notamment renforcer son travail de coaching auprès des organisations locales.

    Les méthodologies apprises et expérimentées au cours des deux journées devraient, selon elle, faciliter les échanges avec les organisations accompagnées et leur permettre de mieux jouer leur rôle au sein de la société, particulièrement dans un contexte de crise.

    « Après avoir suivi cette formation, la première valeur ajoutée pour moi est la méthodologie utilisée. En effet, je m’imagine déjà l’appliquer dans les coachings que je réalise actuellement avec les OEC. Utiliser la même méthodologie que celle appliquée pendant cette séance serait capital, car elle faciliterait les échanges avec les participants et permettrait également de mieux évaluer leurs projets. »

    Un projet consacré à la localisation de l’aide humanitaire

    Lancé en février 2025 pour une période de 18 mois, Local SPACE se concentre sur deux principaux volets : le renforcement des capacités institutionnelles et l’encadrement des acteurs locaux et nationaux humanitaires à travers des réseaux nationaux autonomes et la co-création.

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    Le projet prévoit également de recueillir les enseignements issus de sa mise en œuvre afin de développer un plaidoyer fondé sur des données probantes autour de modèles de réseaux reproductibles et évolutifs, capables de garantir une participation et un leadership significatifs des personnes les plus vulnérables.

    L’initiative est mise en œuvre dans plusieurs pays, notamment la République démocratique du Congo, l’Éthiopie, l’Irak, le Myanmar, le Nigeria et le Soudan du Sud, avec une attention particulière aux groupes marginalisés, notamment les organisations dirigées par des femmes et des réfugiés.

    En RDC, CAFOD travaille avec la plateforme des ONG nationales, le CONAFOHD, dans le cadre de la mise en œuvre du projet.

    Après l’étape de Goma, des événements d’apprentissage sont prévus à Bunia et Bukavu les 24 et 25 août 2026. À Bukavu, l’activité organisée à l’Hôtel Horizon doit notamment approfondir la réflexion sur une solution reproductible et évolutive basée sur un réseau de complémentarité et de partage des capacités entre les acteurs locaux, nationaux et internationaux.

    L’ensemble de ces rencontres vise ainsi à tirer des enseignements concrets pour renforcer durablement la capacité des acteurs locaux et nationaux à participer à la conception, à la mise en œuvre et au suivi des réponses humanitaires en RDC.

    Trésor Wilondja

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