Le Secrétariat national de la jeunesse du regroupement politique Leadership et Gouvernance pour le Développement et Alliés (LGD&A) a exprimé son opposition à la campagne « Oui, je le veux », lancée par le ministère de la Jeunesse et Éveil patriotique en faveur d’une révision de la Constitution de la République démocratique du Congo. Dans une déclaration intitulée « Non, nous refusons ! », cette structure estime que les difficultés rencontrées par les jeunes relèvent davantage des politiques publiques que de la Constitution.
S’appuyant sur une citation du constitutionnaliste Philippe Ardant – « Souvent, c’est la volonté des hommes qui éloigne la Constitution réelle de ses dispositions écrites » –, le mouvement affirme avoir appris, à travers une vidéo devenue virale, le lancement de cette campagne coordonnée par la ministre de la Jeunesse.
Selon le LGD&A, la ministre adopte, dans cette communication, « une posture de militante politique plutôt que celle d’une autorité gouvernementale investie d’une mission institutionnelle ».
Le regroupement estime également que les arguments avancés traduisent une confusion entre les dispositions constitutionnelles et les responsabilités relevant des politiques publiques.
La jeunesse du LGD&A soutient que les difficultés liées au chômage, au financement des jeunes entrepreneurs ou encore à l’accès aux opportunités économiques ne découlent pas d’insuffisances de la Constitution, mais plutôt de la mise en œuvre des politiques gouvernementales.
Dans sa déclaration, le regroupement évoque notamment le Fonds de Garantie de l’Entrepreneuriat au Congo (FOGEC), créé sous l’impulsion du président Félix Tshisekedi pour faciliter l’accès des petites et moyennes entreprises au financement.
Selon lui, si les jeunes continuent de rencontrer des difficultés, c’est l’efficacité des mécanismes publics qui devrait être évaluée, plutôt que la Constitution.
Le regroupement rappelle également la polémique suscitée par l’arrêté interministériel fixant des droits, taxes et redevances dans le secteur du numérique, finalement retiré après de nombreuses contestations.
Pour ses responsables, cette décision illustre que certains obstacles à l’entrepreneuriat proviennent davantage des mesures administratives que du cadre constitutionnel.
Sur le plan juridique, le LGD&A conteste l’interprétation faite par la ministre de l’article 42 de la Constitution. Selon lui, la Loi fondamentale ne se limite pas à protéger la jeunesse, mais lui reconnaît également une place active dans la vie nationale à travers plusieurs dispositions garantissant les droits et libertés fondamentaux.
La déclaration cite notamment les articles 12 et 13 sur l’égalité et la non-discrimination, les articles 22, 23 et 24 consacrant les libertés de pensée, d’expression et d’information, l’article 36 relatif au droit au travail, l’article 37 sur la liberté d’association ainsi que l’article 43 garantissant le droit à l’éducation et la gratuité de l’enseignement primaire dans les établissements publics.
Pour le Secrétariat national de la jeunesse du LGD&A, ces dispositions démontrent que la Constitution offre déjà un cadre permettant aux jeunes de participer pleinement à la vie publique.
Il estime que les priorités devraient porter sur l’application effective des textes existants plutôt que sur leur modification.
Cette prise de position intervient alors que le débat sur une éventuelle révision de la Constitution continue de susciter des réactions contrastées au sein de la classe politique et de la société congolaise.
Si le gouvernement présente la campagne « Oui, je le veux » comme une initiative visant à encourager la participation des jeunes au débat constitutionnel, plusieurs organisations politiques et citoyennes estiment que les priorités actuelles du pays concernent davantage la sécurité, l’emploi et les conditions de vie de la population.
