À l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence sexuelle en temps de conflit, célébrée ce 19 juin, le Prix Nobel de la paix et médecin congolais Denis Mukwege a appelé la communauté internationale à renforcer et à faire respecter une « ligne rouge mondiale » contre les violences sexuelles utilisées comme armes de guerre.
Dans un message publié à cette occasion, le fondateur de l’hôpital de Panzi s’est alarmé des conclusions du dernier rapport annuel des Nations unies sur les violences sexuelles liées aux conflits, qui fait état d’une augmentation des cas dans plusieurs zones en guerre. Selon lui, le viol, l’esclavage sexuel, le mariage forcé, la traite des êtres humains et d’autres formes de violences sexuelles continuent d’être utilisés comme moyens de terreur et de contrôle contre les populations civiles.
« Derrière chacune de ces statistiques se trouvent des individus, des familles et des communautés dont les vies ont été profondément bouleversées. Parmi eux, les enfants paient un tribut particulièrement lourd », souligne le Dr. Denis Mukwege.
Le gynécologue congolais rappelle que ces actes constituent de graves violations des droits humains et du droit international humanitaire. Il déplore toutefois que ces crimes continuent d’être commis dans un climat d’impunité, marqué par un faible nombre d’enquêtes et de poursuites judiciaires.
Pour Denis Mukwege, les États doivent faire preuve d’une volonté politique plus forte afin de prévenir ces violations et de garantir que leurs auteurs soient traduits en justice.
« Une ligne rouge mondiale contre les violences sexuelles liées aux conflits doit être renforcée et respectée. Une ligne rouge signifie non seulement un rejet moral clair de ces crimes, mais aussi une réaffirmation des obligations juridiques des États de prévenir les violations et de poursuivre les auteurs », insiste-t-il.
Le Prix Nobel de la paix estime également que les victimes doivent être placées au cœur des réponses apportées. Il plaide pour leur accès aux soins médicaux, à l’accompagnement psychologique, à la justice ainsi qu’à des réparations.
Le médecin congolais insiste particulièrement sur la situation des enfants touchés par ces violences. Selon lui, ces derniers doivent avoir accès à une éducation susceptible de les aider à surmonter leurs traumatismes et à reconstruire leur avenir.
« En cette Journée internationale pour l’élimination de la violence sexuelle en temps de conflit, réaffirmons qu’aucun enfant ne devrait grandir dans l’ombre de ces crimes. Soutenons les victimes, soutenons la justice et rejetons toute forme de violence sexuelle », conclut Denis Mukwege.
Instituée par les Nations unies, la Journée internationale pour l’élimination de la violence sexuelle en temps de conflit vise à sensibiliser la communauté internationale aux conséquences de ces crimes et à promouvoir la lutte contre l’impunité ainsi que la protection des survivants.
