Alors que le débat sur la réforme constitutionnelle et la loi portant organisation du référendum continue de susciter de vives réactions sur la scène politique congolaise, les habitants de Goma, dans la province du Nord-Kivu, affichent des opinions diverses, souvent influencées par les réalités sécuritaires et socio-économiques auxquelles ils sont confrontés au quotidien.
Dans cette ville marquée par l’insécurité persistante et les difficultés économiques, de nombreux citoyens estiment que les priorités nationales devraient avant tout porter sur le rétablissement de la paix et l’amélioration des conditions de vie.
Pour certains habitants rencontrés dans différents quartiers de la ville, les discussions autour d’un éventuel changement de la Constitution apparaissent éloignées de leurs préoccupations immédiates.
« Je me lève chaque matin pour vendre du crédit téléphonique afin de subvenir aux besoins de ma famille. Tout ce qui concerne la Constitution ne me préoccupe pas vraiment. Je ne connais même pas les dispositions qu’il faudrait modifier », confie un vendeur de crédits de communication rencontré au centre-ville.
Cette position traduit une forme de désintérêt politique observée chez une partie de la population, davantage préoccupée par la survie quotidienne que par les débats institutionnels qui animent la capitale.
D’autres habitants adoptent une posture plus neutre. C’est le cas d’un étudiant se présentant comme membre des Témoins de Jéhovah.
« Nous respectons les autorités établies sans prendre parti dans les questions politiques. Personnellement, je me conformerai à toute décision qui sera prise par les institutions compétentes », explique-t-il.
Pour plusieurs citoyens, le débat ne devrait pas se limiter à la question du changement ou de la révision de la Constitution, mais plutôt à ses effets potentiels sur le quotidien de la population.
« Nous avons élu des représentants pour défendre les intérêts de la population. Si une réforme peut contribuer à améliorer nos conditions de vie et à ramener la paix, elle mérite d’être examinée. Mais la priorité reste la sécurité et le développement », estime un responsable de quincaillerie du quartier Ndosho.
D’autres voix se montrent plus critiques et considèrent que le contexte actuel ne justifie pas une telle initiative politique.
« Je ne suis pas favorable au changement de la Constitution parce que ce n’est pas une urgence pour le moment. Le pays traverse une crise sécuritaire et économique importante. Je pense que les autorités devraient concentrer leurs efforts sur ces problèmes avant d’envisager une réforme constitutionnelle », affirme Kamen, gérant d’un kiosque dans la ville.
Au-delà des divergences d’opinions, un constat semble faire consensus parmi les personnes interrogées : la nécessité de répondre aux défis sécuritaires qui affectent l’Est de la République démocratique du Congo depuis plusieurs années.
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Alors que les discussions se poursuivent à Kinshasa autour de la proposition de loi sur l’organisation du référendum, des habitants de Goma rappellent que leurs préoccupations majeures demeurent la paix, la sécurité, l’emploi et l’amélioration des conditions de vie.
Ces témoignages reflètent ainsi une opinion publique moins polarisée que celle observée sur la scène politique nationale, mais fortement marquée par les réalités quotidiennes d’une région confrontée à l’insécurité et aux conséquences des conflits armés.
