La ville de Beni, au Nord-Kivu, s’est réveillée dans la consternation ce dimanche 31 mai 2026 après une nouvelle attaque meurtrière attribuée aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF), ayant coûté la vie à six membres de la communauté pygmée dans le campement de Ngadi, situé dans la commune de Ruwenzori.

Parmi les victimes figure l’artiste-comédien et chanteur pygmée Nzanzu Mangese, devenu populaire dans la région grâce à ses vidéos humoristiques largement partagées sur les réseaux sociaux.

Lire aussi : Ituri : nouvelle tuerie attribuée aux ADF à Mambasa, cinq civils exécutés après un enlèvement à Mangangalo

Selon plusieurs sources locales, l’attaque s’est produite dans la nuit du samedi 30 au dimanche 31 mai 2026 lorsque des hommes armés présumés membres des ADF ont fait irruption dans le campement avant de s’en prendre aux habitants.

Les parents de l’artiste figureraient également parmi les personnes tuées, aux côtés de trois autres membres de la communauté pygmée.

Le bilan reste toutefois provisoire, plusieurs habitants étant encore portés disparus au moment où les recherches se poursuivent dans cette partie de Beni.

La mort brutale de Nzanzu Mangese provoque une vive émotion dans la région de Beni ainsi qu’au sein du monde culturel du Nord-Kivu.

Connu pour son humour, sa simplicité et ses créations artistiques inspirées du vécu quotidien des communautés autochtones, l’artiste avait réussi à se faire une place importante dans le paysage culturel local.

À travers ses vidéos et ses chansons, il contribuait également à la valorisation de la culture pygmée, souvent marginalisée dans plusieurs espaces sociaux et médiatiques.

Pour de nombreux habitants de Beni, sa disparition constitue une lourde perte non seulement pour la communauté pygmée, mais aussi pour l’ensemble des acteurs culturels de la province.

Cette nouvelle attaque relance une fois de plus les inquiétudes sur la dégradation persistante de la situation sécuritaire dans la région de Beni, régulièrement ciblée par des violences attribuées aux ADF malgré les opérations militaires menées depuis plusieurs années par les Forces armées de la République démocratique du Congo et leurs partenaires.

Lire aussi : Ituri : entre violences armées et menace d’Ebola, le gouverneur Luboya lance un cri d’alarme

Des voix s’élèvent déjà au sein de la société civile pour réclamer un renforcement urgent des mesures de protection des populations civiles, particulièrement celles vivant dans des zones isolées et exposées aux incursions des groupes armés.

En attendant une communication officielle des autorités sur les circonstances exactes de cette attaque, la population continue de pleurer la disparition de Nzanzu Mangese et des autres victimes, arrachées à la vie dans une région où l’insécurité continue de faire de nombreuses victimes civiles.

Mukamba Mulebelwa Big-Merci

Share.
Leave A Reply

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.