À quelques jours du lancement de l’Examen National de Fin d’Études Primaires (ENAFEP) prévu les 4 et 5 juin 2026 sur toute l’étendue de la République démocratique du Congo, les responsables scolaires des territoires de Kabare et de Kalehe affirment que les préparatifs évoluent normalement malgré un contexte marqué par l’insécurité, les difficultés économiques et la menace sanitaire liée à l’épidémie d’Ebola.

Dans plusieurs écoles du territoire de Kabare, les responsables éducatifs se disent toutefois préoccupés par l’impact psychologique des affrontements armés sur les élèves finalistes ainsi que par les incertitudes sur le taux de réussite.

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À l’École primaire Baraka de Kavumu, dans le groupement de Bugorhe, la directrice Faradja Consolée indique que 45 élèves finalistes, dont 31 filles et 14 garçons, sont attendus aux centres de passation des examens.

Selon elle, les élèves ont bénéficié d’un encadrement basé sur la résilience malgré les traumatismes causés par les affrontements récurrents entre les éléments Wazalendo et l’AFC-M23 dans cette partie du territoire de Kabare.

« Les élèves sont bien préparés pour l’ENAFEP parce que nous les avons sensibilisés à vivre la résilience. Mais malgré cela, ils sont traumatisés et perturbés à cause des coups de balles qui s’entendent du jour au lendemain à Kabare, plus précisément dans le groupement de Bugorhe. L’école se trouve à proximité du PNKB, à côté de la plantation Mbayu où sont érigés les deux parties », explique la directrice de l’EP Baraka.

Elle affirme néanmoins craindre une baisse du taux de réussite en raison de la psychose liée à la guerre. La responsable scolaire regrette également que le programme national n’ait pas été entièrement achevé à cause des perturbations sécuritaires répétitives dans la zone.

Même inquiétude à l’EP Kabuga de Kavumu où le directeur, Kaberege Murhimanya Bonaventure, dénonce lui aussi les conséquences psychologiques des affrontements armés sur les apprenants.

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Il rassure toutefois que les élèves sont prêts à affronter les épreuves après l’achèvement du programme scolaire 2025-2026.

« Nos élèves sont prêts à passer ces épreuves certificatives après avoir terminé le programme des cours pour l’année scolaire 2025-2026. Par rapport à l’épidémie d’Ebola dont on parle déjà, nous allons continuer à appliquer les mesures barrières pendant le déroulement de ces épreuves », assure-t-il.

Le directeur plaide cependant pour le renforcement de la sécurité autour des centres de passation afin d’éviter que les affrontements armés ne perturbent psychologiquement ou physiquement les candidats durant les deux jours des examens.

Dans la sous-division éducationnelle Kalehe 1, le chef de sous-province éducationnelle, Pascal Nteranyi, se veut rassurant. Il affirme que grâce à la collaboration entre les autorités administratives, sécuritaires et éducatives, les activités scolaires se poursuivent normalement dans la majorité des établissements.

Pour les zones affectées par l’insécurité, il précise que des dispositions spécifiques ont été prises afin de permettre à tous les finalistes de participer aux épreuves, notamment à travers la réorganisation ou la délocalisation de certains centres de passation lorsque cela s’avère nécessaire.

« Les établissements scolaires ont achevé le programme prévu et les élèves finalistes ont bénéficié des révisions ainsi que des évaluations préparatoires. Malgré les défis rencontrés au cours de l’année scolaire, les enseignants, les parents et les partenaires éducatifs se sont mobilisés afin d’assurer un encadrement adéquat des candidats. Nous restons confiants quant au niveau de préparation de nos élèves », rassure le sous-Proved.

Selon les chiffres communiqués par la sous-division, un total de 9.924 élèves est attendu dans les différents centres de passation, dont 6.756 garçons et 3 168 filles.

Afin de garantir le bon déroulement des examens certificatifs, plusieurs mesures ont été mises en place par les autorités éducatives et administratives.

Il s’agit notamment du renforcement de la collaboration avec les services de sécurité, de la sensibilisation des chefs d’établissements, surveillants et candidats au respect des consignes officielles ainsi que de l’application stricte des mesures d’hygiène et de prévention contre les maladies à potentiel épidémique, notamment Ebola.

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Les autorités annoncent également la mise à disposition de dispositifs de lavage des mains dans les centres de passation ainsi qu’une organisation adaptée des salles afin de garantir un environnement serein et propice à la concentration des candidats.

Malgré un contexte sécuritaire et sanitaire difficile dans l’Est de la RDC, les responsables éducatifs espèrent que les élèves pourront passer leurs examens dans le calme et démontrer le niveau de préparation acquis tout au long de l’année scolaire.

Suzanne Baleke

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