Dans le territoire de Kabare, le mouvement citoyen Machozi ya Raia alerte sur une montée inquiétante de l’insécurité dans le groupement de Kagabi, où des hommes armés en uniforme militaire multiplient des incursions nocturnes.

 Dans une déclaration publiée ce mercredi 29 avril 2026, cette structure indique que depuis les nuits du 26 et 27 avril, des individus lourdement armés sèment la terreur dans plusieurs sous-villages, s’en prenant aux civils.

« Ils y sèment la terreur, rouent de coups les paisibles citoyens et les dépouillent sans vergogne de tous leurs biens », dénonce le mouvement.

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La situation aurait atteint un niveau critique dans la soirée du mardi 28 avril, aux environs de 19 heures 50, sous une forte pluie. Selon la même source, un groupe de quatre hommes armés a attaqué le village de Cidjo, où plusieurs habitations et boutiques ont été pillées.

« Téléphones et numéraires ont été emportés. Le bilan est lourd : plusieurs jeunes entrepreneurs, espoirs de notre économie locale, ont payé de leur sang », indique la déclaration.

Le mouvement cite notamment parmi les victimes Murhimanya Mushagalusa Eugène, Arsène Kayahira Fiston et Dieumerci Kafunga, tous originaires de Cidjo.

Face à cette situation, le coordinateur territorial du mouvement, Désiré Mbiribindi, reconnaît les efforts du chef de groupement ad intérim, tout en estimant qu’ils restent insuffisants au regard de la gravité de la situation.

 « Il est incompréhensible que des villages situés autour de l’usine de Murhundu, poumon économique de cette entité, soient aujourd’hui livrés aux prédateurs », a-t-il déclaré.

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Le mouvement appelle ainsi l’administrateur du territoire de Kabare à convoquer en urgence une réunion élargie de sécurité afin de définir des stratégies concrètes pour endiguer cette insécurité.

« Ensemble, dans un sursaut citoyen, il nous faut concevoir et déployer des stratégies pour mettre fin à ce fléau », insiste-t-il.

En attendant, le cadre de concertation de la Société civile invite la population de Kagabi à redoubler de vigilance et à recourir aux systèmes d’alerte communautaire.

« Face à la terreur, notre silence serait complice », conclut le mouvement.

 Sylvie Bahati

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