La ville de Kamituga et le territoire de Mwenga, au Sud-Kivu, traversent une période de forte tension marquée par une série d’exactions attribuées à certains éléments dits « Wazalendo ». Entre le meurtre d’un enfant, des actes de torture, des agressions ciblées et des extorsions, la population dénonce une insécurité grandissante. Face à cette situation, les appels à l’intervention des autorités et à la justice se multiplient.

La colère gronde à Kamituga. Le samedi 28 mars 2026, un incident tragique survenu au quartier Kitemba a coûté la vie à un jeune enfant, impliquant un membre présumé des groupes d’autodéfense « Wazalendo ».

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Ce drame a immédiatement suscité une vague d’indignation, notamment sur les réseaux sociaux où les messages de dénonciation se multiplient.

« Avez-vous pris les armes pour torturer vos propres frères ? », s’interrogent des leaders d’opinion, appelant ces combattants à se concentrer sur les lignes de front plutôt que de s’en prendre aux civils.

La violence ne s’est pas arrêtée là. Le dimanche 29 mars, aux environs de 19 heures, Monsieur Mbilizi Bulambo Martin, Chef de division chargé des contentieux à la DINACOPE Sud-Kivu 3, a été agressé au quartier Sporting alors qu’il regagnait son domicile.

Intercepté par un groupe d’individus identifiés comme des Wazalendo, il a été malmené et dépouillé de ses biens personnels, dont sa moto.

Selon des sources locales, les assaillants seraient basés dans un bâtiment situé à proximité du lieu de l’attaque. Depuis, la victime vit dans la peur et appelle à une protection immédiate, dénonçant des actes qui ternissent gravement l’image de ces groupes.

Face à la gravité des faits, Maître Ishukwe Wabenga Jean est sorti de son silence. Dans une déclaration, il dénonce une dérive sécuritaire caractérisée par des actes de « barbarie », incluant tueries, extorsions et tortures.

« Je demande aux autorités compétentes de prendre des mesures urgentes pour protéger les populations civiles et traduire les responsables en justice », a-t-il insisté.

L’homme de loi appelle également les défenseurs judiciaires de Kamituga à assurer l’accompagnement pro deo des victimes, les organisations internationales à enquêter sur ces violations des droits humains, la société civile et les églises à documenter rigoureusement chaque cas afin de lutter contre l’impunité.

Au-delà des violences physiques, plusieurs témoignages font état d’un harcèlement financier. Des habitants dénoncent la perception forcée de « cotisations » au nom de l’effort de guerre par certains éléments armés qui, selon eux, ne participeraient pas aux combats.

Cette situation transforme progressivement les populations de Mwenga et de Kamituga en cibles économiques, aggravant un climat déjà marqué par la peur et l’insécurité.

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Alors qu’une enquête serait en cours pour identifier les auteurs du meurtre de l’enfant de Kitemba et de l’agression du cadre de la DINACOPE, la population attend des actions concrètes.

Les habitants appellent le gouvernement provincial et les autorités militaires à restaurer l’autorité de l’État, garantir la sécurité des civils et réaffirmer le caractère sacré de la vie humaine.

Dans une région déjà fragilisée par les conflits, ces événements ravivent les inquiétudes et posent avec acuité la question du contrôle des groupes armés locaux alliés au gouvernement congolais.

La Rédaction

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