À l’occasion du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance de la République démocratique du Congo, la Société civile du Sud-Kivu appelle les autorités congolaises, les parties aux processus de paix et la communauté internationale à privilégier le retour de la paix, estimant qu’il est difficile de célébrer la souveraineté nationale alors que les conflits persistent dans l’est du pays.
Dans un message publié ce 30 juin 2026, la présidente du Bureau de coordination provinciale de la Société civile du Sud-Kivu, Me Néné Bintu Iragi, associe la célébration de l’indépendance à la récente qualification des Léopards pour les huitièmes de finale de la Coupe du monde, qu’elle considère comme un symbole d’unité nationale.
« Les Léopards sont les seuls à rassembler et unir les Congolais de l’Est à l’Ouest, du Nord au Sud et ceux de la diaspora », souligne-t-elle.
La Société civile relève toutefois que cette commémoration intervient dans un contexte marqué par la poursuite des violences dans les provinces du Sud-Kivu, du Nord-Kivu et de l’Ituri.
Selon l’organisation, les populations civiles continuent de subir les conséquences des affrontements armés malgré les processus diplomatiques engagés.
« Au Sud et au Nord-Kivu, désormais les enfants ne connaissent que le bruit des bombes et des drones. Des accords signés à Washington et Doha puis violés sur le terrain causent mort et désolation », affirme le communiqué.
L’organisation estime également que les débats politiques organisés à Kinshasa ne devraient pas occulter les préoccupations sécuritaires des populations vivant dans les zones affectées par les conflits.
Trois messages à l’occasion du 30 juin
La Société civile rappelle d’abord que l’indépendance du 30 juin 1960 demeure le symbole de la souveraineté nationale.
« Notre souveraineté n’est pas négociable. Elle ne doit pas se brader ni être transigée au prix du sang des Congolais. »
Elle exprime ensuite sa « profonde déception » face à la persistance de la crise humanitaire dans l’est de la RDC.
L’organisation évoque notamment les millions de personnes déplacées et réfugiées, tout en s’interrogeant sur le sens de la célébration de l’indépendance dans un contexte où une partie du territoire demeure affectée par les violences.
« Comment chanter le Débout Congolais pendant que l’intégrité de notre territoire est menacée ? La vraie indépendance, c’est aussi la paix. »
La Société civile appelle les signataires des accords de Washington et de Doha à respecter les engagements pris.
Elle plaide notamment pour l’application intégrale des dispositions relatives au retrait des forces étrangères, au désarmement des groupes armés, à la réintégration des combattants conformément aux mécanismes prévus et à la protection des populations civiles.
L’organisation invite également les partenaires internationaux impliqués dans ces processus à accompagner leur mise en œuvre par des actions concrètes.
« La RDC n’a plus besoin de compassion. Elle a besoin que justice soit rendue au peuple congolais et aux victimes de guerre. »
Dans son message, la Société civile encourage les Congolais à préserver leur unité malgré les difficultés.
Elle exhorte également les dirigeants à privilégier le dialogue et la cohésion nationale, estimant que toute réflexion sur une éventuelle réforme de la Constitution doit tenir compte du contexte sécuritaire actuel.
« Réfléchir sur les défis et les points forts de notre Constitution est permis, mais il faut tenir compte du contexte. La paix demeure une priorité. »
Enfin, la Société civile du Sud-Kivu exprime le souhait que le prochain anniversaire de l’indépendance se déroule dans un climat apaisé.
« Que ce 30 juin 2026 soit le jour où nos dirigeants lèveront l’option que la prochaine fête du 30 juin 2027 se passera sans drones ni bombes, sans déplacés ni morts, sans veuves ni orphelins de guerre. »
