À l’occasion du 66 anniversaire de l’indépendance de la République démocratique du Congo, célébré ce 30 juin 2026, plusieurs organisations de la société civile ont lancé des appels à l’unité nationale, à la réflexion et au renforcement de la souveraineté du pays, dans un contexte marqué par l’insécurité persistante dans l’Est de la RDC.

Au Sud-Kivu, le rapporteur de la société civile, Maurice Mirindi, estime que cette date ne devrait pas être uniquement consacrée aux célébrations, mais constituer un moment de réflexion sur le parcours du pays depuis son accession à l’indépendance.

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Selon lui, les 66 années d’existence de la RDC devraient symboliser la maturité et la sagesse. Toutefois, le contexte actuel de guerre, de violences et d’insécurité impose davantage une introspection qu’une célébration.

« Aujourd’hui, il est temps pour tous les Congolais de s’interroger sur les soixante-six ans de notre indépendance. Cette journée doit être une journée de remise en question, de prise de conscience et de méditation, surtout dans le contexte de guerre que nous traversons », a déclaré Maurice Mirindi.

Il regrette également que les festivités du 30 juin aient progressivement perdu leur caractère national, estimant que cette évolution interroge sur le sens réel de l’indépendance de la République démocratique du Congo.

Dans le territoire de Fizi, la Société Civile des Compatriotes Congolais (SOCICO-RDC) a, de son côté, rendu hommage aux héros de l’indépendance, notamment Patrice Emery Lumumba, Laurent-Désiré Kabila ainsi qu’à tous les Congolais tombés pour la défense de la Nation.

Dans son message, cette organisation estime que la République démocratique du Congo continue de faire face à de graves menaces contre sa souveraineté et considère que le combat pour une indépendance véritable reste d’actualité.

« Notre indépendance se défend chaque jour », souligne la SOCICO-RDC, qui appelle les Congolais à renforcer l’unité nationale, à rejeter toute forme de complicité avec les ennemis de la République et à poursuivre les efforts pour bâtir « un Congo réellement libre, souverain et respecté ».

À Butembo, au Nord-Kivu, la Société Civile du Congo (SOCICO-Butembo) a également profité de cette commémoration pour attirer l’attention sur la dégradation de la situation sécuritaire dans la province.

Dans sa déclaration, elle affirme qu’une partie du Nord-Kivu demeure sous le contrôle d’un mouvement armé, tandis que les territoires de Beni et de Lubero continuent de subir des attaques attribuées aux rebelles des ADF.

L’organisation dénonce également la recrudescence de la criminalité urbaine à Butembo, la multiplication des groupes armés, les difficultés auxquelles sont confrontées les personnes déplacées internes ainsi que le bilan qu’elle juge négatif de cinq années d’état de siège dans la province.

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Elle invite par ailleurs les élus de Butembo, Beni et Lubero à placer les préoccupations sécuritaires de leurs populations au cœur de leur action politique.

Dans l’ensemble, ces organisations de la société civile exhortent le gouvernement congolais à renforcer les capacités opérationnelles des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) afin de restaurer durablement l’autorité de l’État dans les zones affectées par l’insécurité.

Elles appellent enfin la population à demeurer unie, à faire preuve de patriotisme et à se désolidariser de tous les groupes armés, estimant que la cohésion nationale constitue l’un des principaux leviers pour le retour d’une paix durable dans l’Est de la République démocratique du Congo.

Brigitte Furaha

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