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Après sa déchéance à la tête de la province du Sud-Kivu, par une motion de censure votée par l’Assemblée provinciale, le 24 novembre dernier, Théo Ngwabidje n’a toujours pas accepté cette déchéance. L’ancien locataire de Nyamoma et son gouvernement provincial persistent et signent que cette action parlementaire n’a pas respecté les procédures légales.

Des multiples actions citoyennes se multiplient dans la ville de Bukavu ainsi qu’à l’intérieur de la province, afin de demander à Ngwabidje de rendre le tablier, suite à sa megestion et des violations des droits humains.

Vu la montée des appels à sa démission, le Gouverneur Ngwabidje se transforme de plus en plus en « anti-démocratie ». Il utilise désormais sa cellule d’investigation, certaines structures citoyennes, des jeunes voire certains autorités de la police et de l’armée, afin de s’attaquer à toute personne qui réclamera son départ. Une situation qui met ainsi en cause la liberté d’expression dans la province du Sud-Kivu.

Le dernier cas remonte en date du 6 décembre 2022 dans la ville de Bukavu, où l’activiste, Jeune pétitionnaire, Alfani Bawili, alors qu’il se trouvait sur avenue Pageco, a été arrêté et conduit sous menottes dans un cachot. Plusieurs sources confirment que cette arrestation arbitraire a été exécutée par des membres de la cellule d’investigation de Théo Ngwabidje Kasi.

Au mois de novembre 2022, cette même cellule d’investigation avait humilié le Président a.i de l’assemblée provinciale du Sud Kivu, Yabe Ntayitunda. En sa présence, des enfants de la rue avaient agressé ce bâtonnier, pour avoir posé des actes dans le cadre de ses activités parlementaires. Bien avant, lui, c’était l’activiste Bienfait Zihindula et bien d’autres, qui ont été arrêtés.

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Pour rappel, pendant qu’il était à Kinshasa en janvier 2021,  Ngwabidje a échappé de justesse d’être demi de ses fonctions au cours d’une vote à l’assemblée provinciale à travers une autre motion de censure, initiée par le député Georges Musongela et 3 autres députés, soutenus par des habitants du Sud-Kivu. Un échec dont des habitants auraient attribué à certains députés pro Ngwabidje qui seraient accusés de corruption pour voter contre cette motion.

Pour plusieurs observateurs, la liberté d’expression est bafouée par Théo Ngwabidje Kasi, car tout celui qui s’oppose à sa gestion, fait désormais objet de menaces, intimidations voire même des mandats arrêts.

Face à cette situation, l’ONG PPI a dit condamner avec la « dernière énergie » les arrestations arbitraires et autres violations graves, que sont en train de commettre les membres de la cellule d’investigation sous l’autorité de Théo Ngwabidje au Sud Kivu, depuis déjà quelques mois. Cette structure a appelé les services de sécurité à mettre fin à ces « graves » violations des droits humains.

Même réaction du Collectif des Mouvements Citoyens et organisations des Jeunes « Amka Congo », qui a dit condamner « avec véhémence » la déstabilisation du climat sociopolitique et les violations des droits humains en province du Sud-Kivu.

Dans une communication faite ce vendredi 9 décembre 2022, Aristote Kadedu, militant, affirme que le Collectif Amka Congo est « choqué » par l’utilisation « abusive » de la cellule d’investigation du Gouverneur déchu Théo Ngwabije Kasi, dans le but de « traquer et torturer » tous ceux qui s’opposent au « gangstérisme avec lequel il continue à s’accrocher » aux affaires après sa destitution par les élus provinciaux du Sud-Kivu.

«Le Collectif regrette que le gang de sa fameuse cellule d’investigation traque des députés provinciaux, des militants des droits humains et opposants politiques, elle les torture et les arrêtes arbitrairement et sans autre forme de procédure. Des méthodes empiriques qui entravent la démocratie et le respect des droits humains dans la province du Sud-Kivu ; le Collectif se dit être prêt de saisir les Ministères de la justice et garde de sceau et celui des droits humains pour qu’ils enquêtent sur la qualité de cette cellule de la honte et que les instances judiciaires départagent la population qui souffre des bévues et concours malencontreux organisées par cette dernière au vu et au su de tout le monde,» dénonce-t-il.

Le Collectif Amka Congo mobilisera  toute la population pour dire non et boycotter les services des banques qui s’associeront aux actes non conformes aux décisions de l’assemblée provinciale.

Le Collectif Amka Congo se dit prêt à mobiliser la rue pour « forcer » le départ définitif du Gouverneur, dont le Gouvernement provincial a été déchu le 24 novembre dernier, après le vote d’une motion de censure par l’Assemblée provinciale.

Abdallah Mapenzi

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