La Route nationale numéro 5 (RN5), principal axe reliant Bukavu à Uvira, est de nouveau praticable depuis sa réouverture le vendredi 12 juin 2026. Cependant, les usagers dénoncent la multiplication des barrières illégales et des tracasseries qui rendent les déplacements particulièrement difficiles. Chauffeurs et passagers affirment être régulièrement soumis à des paiements imposés tout au long du trajet, une situation qui alourdit les coûts du transport et affecte les activités économiques.
Sur ce tronçon, les positions des éléments de l’AFC-M23 s’étendent de Bukavu à Kamanyola, en passant notamment par Nyantende, Nyangezi et les escarpements de Ngomo. De leur côté, les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) contrôlent la zone allant de Luvungi jusqu’au centre-ville d’Uvira ainsi que plusieurs localités environnantes.
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Pour les conducteurs, parcourir cet axe ne nécessite plus seulement un véhicule en bon état et du carburant. Ils affirment devoir également prévoir une somme d’argent destinée à franchir les nombreux postes de contrôle installés le long de la route.
L’un des conducteurs interrogé à l’Agence Okapi de Bukavu affirme avoir recensé plus de cinq barrières irrégulières sur ce seul tronçon. Selon lui, à chaque arrêt, le même scénario se répète : sous prétexte de vérification d’identité, de contrôle sécuritaire ou de perception de taxes, les agents postés le long de la route exigent de l’argent aux usagers.
« Les barrières sont extrêmement nombreuses. Nos frères Wazalendo ont installé beaucoup de barrières tout au long de la route. Cela commence à Luvungi et continue jusqu’à Uvira. Concernant les barrières pour les véhicules, il y en a au moins cinq. À certaines, on paie 5.000 francs congolais, à d’autres 10.000 francs. Pour une petite voiture, on peut payer 5.000 francs congolais et pour un bus 10.000 francs congolais. Tout dépend de vos connaissances ou de votre capacité à négocier », explique-t-il.
Les passagers disent également être confrontés à ces tracasseries. Bien qu’ils soient munis de leurs pièces d’identité, plusieurs affirment être contraints de verser de petites sommes d’argent pour poursuivre leur voyage.
En route vers Uvira dans la matinée de ce vendredi 26 juin, Anny Sifa dit redouter ces multiples contrôles.
« Peut-être que je vais négocier pour qu’ils me laissent passer, en leur expliquant que j’ai déjà payé mon transport et que cela va me mettre en retard. Je négocierai pour qu’ils me laissent passer. Si ces barrières imposent de payer telle ou telle somme, moi je n’ai pas cet argent. Je risque d’être en retard alors que je ne sais même pas ce qui m’attend là-bas », confie-t-elle.
Pour compenser les dépenses liées à ces barrières, les transporteurs indiquent avoir été contraints d’augmenter leurs tarifs. Le prix du transport entre Bukavu et Uvira, qui était auparavant de cinq dollars américains, est désormais fixé à 40.000 francs congolais.
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Le coût du transport des colis a également connu une forte hausse. Un petit sac contenant des vêtements, qui était auparavant transporté gratuitement selon plusieurs usagers, coûte aujourd’hui 35.000 francs congolais, tandis qu’un gros sac est facturé 70.000 francs congolais. Les parents doivent également payer un billet de 20.000 francs congolais pour les enfants âgés de plus de six ans, une pratique qui, selon les voyageurs, n’existait pas auparavant.
Face à cette situation, les usagers de la route Bukavu-Uvira lancent un appel aux autorités afin que des mesures soient prises pour mettre fin aux barrières illégales.
Parmi eux, Munguakonkwa Victor estime que les autorités doivent agir rapidement.
« Nous ne savons plus comment nous comporter face à cette situation. Nous demandons aux autorités locales, notamment aux gouverneurs en place à Uvira et à Bukavu, de voir comment éliminer ces barrières », plaide-t-il.
Pour de nombreux usagers, la réhabilitation de la RN5 ne devrait pas se limiter à la remise en état de l’infrastructure routière. Ils estiment qu’elle devrait également permettre de mettre fin aux tracasseries qui alourdissent le coût du transport, freinent les échanges commerciaux et appauvrissent davantage la population.
Landry Barhalibirhu & Divine Busime
