Les autorités urbaines de Goma ont annoncé une nouvelle mesure rendant obligatoire la participation aux travaux communautaires hebdomadaires, connus sous le nom de « Salongo ». Désormais, ce dispositif s’accompagne d’un système de jetons de contrôle, suscitant des réactions contrastées au sein de la population.

La décision a été prise par la mairie de Goma, dirigée par le maire Désiré Ngabo Kisuba, sous l’administration du mouvement M23.

Lire aussi : Goma : la mairie durcit les règles pour relancer les travaux communautaires du samedi (Salongo)

Face au relâchement observé dans l’entretien de la ville, l’autorité urbaine a réinstauré le caractère obligatoire du Salongo chaque samedi, de 06 heures à 10 heures.

Selon la mairie, la propreté de la ville n’est plus négociable.

Dans le cadre de cette mesure, la circulation sera restreinte dès 08 heures, avec autorisation uniquement pour les services essentiels, notamment ambulances, organisations humanitaires, forces de sécurité

La mairie a également réintroduit le système de “jetons de Salongo”, désormais indispensables pour accéder à certains services administratifs dans les communes et quartiers.

Selon l’autorité urbaine, toute personne surprise en circulation sans ce jeton pourrait être interpellée et subir la rigueur de la loi.

La police est également instruite de vérifier ces jetons lors des contrôles nocturnes et aux postes frontaliers.

Sur le terrain, les réactions des habitants sont divisées.

Certains saluent une initiative visant à améliorer l’image et la propreté de la ville. Pour eux, cette mesure pourrait renforcer la discipline citoyenne et l’implication des jeunes dans l’entretien urbain.

D’autres, en revanche, expriment de fortes inquiétudes.

Plusieurs habitants craignent la perte ou l’oubli du jeton, pouvant entraîner des interpellations, des abus potentiels lors des contrôles policiers, une pression supplémentaire sur les travailleurs et commerçants

Une partie de la population remet également en question la logique de la mesure, estimant qu’elle s’ajoute aux taxes déjà payées pour l’assainissement de la ville.

Certains habitants s’interrogent sur la pertinence de cette obligation physique.

« Pourquoi obliger la population à fournir un effort supplémentaire alors qu’elle paie déjà des taxes pour cela ? »

Ils estiment que ces ressources devraient plutôt permettre de financer des services professionnels de nettoyage urbain.

Lire aussi : Bukavu : le « Salongo » et la nécessité des mesures d’accompagnement

Alors que la mairie affirme que le Salongo obligatoire vise à renforcer la responsabilité collective, la mesure soulève un débat plus large sur la gestion des services urbains et la relation entre fiscalité locale et participation citoyenne.

Pour de nombreux habitants, le défi reste de concilier l’objectif d’une ville propre avec la crainte de dérives dans l’application du dispositif.

Joseph Aciza

Share.
Leave A Reply

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.