Dans la presqu’île de Buzi-Bulenga, en territoire de Kalehe, au Sud-Kivu, plusieurs centaines de ménages déplacés vivant dans des familles d’accueil font face à une situation humanitaire de plus en plus préoccupante. Selon une situation dressée le 10 août 2026 par les Cellules d’Animation Communautaire (CAC) et les relais communautaires, ces familles manquent notamment de nourriture, de revenus et de biens essentiels, tandis que les besoins scolaires des enfants restent largement insatisfaits.

La situation concerne plusieurs villages du groupement de Buzi, où vivent des personnes déplacées ainsi que des familles retournées dans leurs zones d’origine. Les structures communautaires alertent sur une dégradation des conditions de vie, qu’elles attribuent notamment à l’insuffisance de l’assistance humanitaire.

Lire aussi : Kalehe: OVC appelle les autorités à s’impliquer d’urgence pour la réhabilitation des écoles détruites à Buzi-Bulenga

Dans le village de Mulala, notamment à Nyarubuye, Vahe, Buhati et Buhumba, les CAC recensent 125 ménages déplacés vivant dans des familles d’accueil, contre 280 ménages retournés.

À Chondo, dans les localités de Bunyunda, Bunyweju, Bubale, Kihanda et Nyundo, 280 ménages déplacés sont accueillis dans des familles, tandis que 300 ménages retournés sont signalés.

La situation est également difficile à Muchibwe, où les structures communautaires dénombrent 190 ménages déplacés et 235 ménages retournés.

À Muhanga, les CAC font état de 350 ménages déplacés vivant dans des familles d’accueil et de 190 ménages retournés.

À Kitembo, ce sont 100 ménages déplacés et 300 ménages retournés qui sont recensés.

Dans le village de Butumba, notamment à Kagarama, Kazimba, Miramba, Buhalira et Buhembwe, environ 300 ménages déplacés vivent en familles d’accueil, tandis que 400 ménages sont retournés.

Des familles qui survivent grâce aux travaux journaliers

En l’absence d’une assistance humanitaire suffisante, plusieurs familles déplacées dépendent aujourd’hui de petits travaux journaliers pour assurer leur survie.

Selon les relais communautaires, certains adultes travaillent dans les champs et gagnent entre 2.500 et 3.000 francs congolais par jour. D’autres transportent des bagages et des produits agricoles et perçoivent entre 500 et 1.000 francs congolais, selon notamment le poids des colis.

Lire aussi : Kalehe : la montée en puissance de l’insécurité inquiète la Société Civile

Ces revenus précaires doivent permettre aux familles de couvrir leurs besoins essentiels, notamment l’alimentation, les soins de santé et d’autres dépenses quotidiennes.

Les enfants également affectés

La précarité touche particulièrement les enfants issus des familles déplacées et retournées.

Les CAC indiquent que plusieurs enfants ont besoin de kits scolaires, d’uniformes et de chaussures pour pouvoir reprendre ou poursuivre leur scolarité dans des conditions acceptables.

Pour les représentants communautaires, l’insuffisance de ces fournitures constitue un obstacle supplémentaire à la scolarisation des enfants déjà affectés par les déplacements et les conséquences de la crise.

Les CAC réclament une intervention urgente

Les représentants communautaires estiment que les conditions de vie se sont fortement détériorées depuis le retour de certaines familles, dans un contexte marqué par la chute de Minova et de Goma.

Ils appellent les acteurs humanitaires, les autorités et les autres partenaires à renforcer l’assistance en faveur des personnes déplacées vivant dans des familles d’accueil, mais également des ménages retournés.

Dans leur déclaration faite à Bulenga le 10 août 2026, les CAC et les relais communautaires sollicitent notamment une assistance en vivres et biens non alimentaires, ainsi qu’un accompagnement spécifique pour les enfants en âge scolaire.

Pour ces structures communautaires, une intervention humanitaire urgente est nécessaire afin d’éviter une aggravation de la vulnérabilité des familles déplacées et retournées dans la presqu’île de Buzi-Bulenga, où les moyens de subsistance demeurent particulièrement limités.

Jackson Maliyabwana

Share.
Leave A Reply

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.