Environ 18.000 à 22.000 personnes, réparties dans 3.500 à 4.500 ménages, seraient retournées dans leurs villages d’origine dans le groupement de Ziralo, en territoire de Kalehe, au Sud-Kivu. Selon le Mouvement des Sociétés Civiles du Congo (MSCO), coordination locale de Ziralo, ces retours, observés depuis le lundi 12 octobre 2026, se déroulent dans des conditions précaires. La structure appelle les organisations humanitaires à intervenir rapidement pour répondre aux besoins essentiels des familles.
Dans son rapport d’alerte, le MSCO précise que ces chiffres sont provisoires et restent à confirmer, les opérations d’enregistrement des ménages étant toujours en cours. Les personnes concernées proviendraient notamment des groupements de Waloa Lwanda et de Mubuku, ainsi que de la zone d’Ufamandu.
Après une période de déplacement, ces populations regagnent leurs villages pour retrouver leurs terres et leurs habitations. Cependant, leur retour ne signifie pas nécessairement une amélioration de leurs conditions de vie. Plusieurs ménages ont perdu une partie de leurs moyens de subsistance, tandis que des habitations et des infrastructures ont été endommagées ou détruites.
Face à cette situation, la société civile craint une aggravation de la vulnérabilité des familles, notamment en matière d’alimentation, de logement, d’accès aux soins de santé et d’approvisionnement en eau potable.
L’assistance alimentaire parmi les priorités
Selon le MSCO, de nombreux ménages retournés ne disposent plus de réserves alimentaires suffisantes. Certains ont abandonné leurs champs durant leur déplacement, tandis que d’autres ont perdu une partie de leurs moyens de subsistance.
Cette précarité risque d’affecter particulièrement les enfants, les femmes enceintes, les personnes âgées et les autres personnes vulnérables.
La coordination locale demande ainsi aux partenaires humanitaires d’organiser une assistance alimentaire d’urgence. Elle plaide également pour des interventions permettant aux familles de reprendre leurs activités agricoles et de retrouver progressivement leur autonomie alimentaire.
Des besoins urgents en santé, en eau et en abris
L’accès aux soins de santé constitue une autre préoccupation. Le rapport du MSCO fait état d’un manque de médicaments essentiels et d’infrastructures sanitaires de base dans certaines zones, une situation susceptible de compliquer la prise en charge des malades.
La société civile souligne également l’importance de garantir l’accès à l’eau potable et à des installations sanitaires adéquates afin de prévenir les maladies liées au manque d’hygiène et à l’insalubrité.
Sur le plan du logement, plusieurs habitations auraient été endommagées, incendiées ou détruites. Certaines familles retournent ainsi dans leurs villages sans disposer d’un abri convenable. À l’approche de la saison des pluies, cette situation suscite des inquiétudes supplémentaires quant à la protection des enfants et des autres personnes vulnérables.
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Le MSCO sollicite la distribution de kits d’abris d’urgence et d’articles ménagers essentiels pour aider les familles à retrouver des conditions de vie dignes.
L’état des routes complique l’accès humanitaire
La dégradation des infrastructures routières constitue également un obstacle à l’assistance. Dans son rapport, la coordination locale du MSCO signale notamment le mauvais état de l’axe Minova–Ziralo–Lumbishi, susceptible de compliquer les déplacements des équipes humanitaires et l’acheminement des vivres, des médicaments et du matériel d’urgence.
L’amélioration de l’accessibilité de cette zone apparaît donc essentielle pour faciliter les interventions et permettre aux organisations humanitaires d’atteindre les ménages les plus nécessiteux.
Un appel à une évaluation rapide des besoins
Face à cette situation, le MSCO appelle le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) ainsi que les organisations humanitaires nationales et internationales à se mobiliser.
La structure recommande notamment une mission conjointe d’évaluation rapide afin de déterminer le nombre exact de personnes retournées et d’identifier leurs besoins dans les différents secteurs.
Elle sollicite également l’intervention de partenaires tels que le Programme alimentaire mondial (PAM), Médecins Sans Frontières (MSF), ACTED, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et TPO. Les interventions souhaitées concernent notamment l’assistance alimentaire, les abris, les articles ménagers essentiels ainsi que le renforcement des infrastructures sanitaires et scolaires de base.
Pour le MSCO, une réponse rapide et coordonnée est indispensable afin d’accompagner la réinstallation des familles et d’éviter une aggravation de leur vulnérabilité.
Si le retour à Ziralo permet aux populations de retrouver leur milieu d’origine, les besoins en nourriture, en logement, en soins de santé et en infrastructures de base restent importants. La priorité est désormais de confirmer les chiffres avancés, d’identifier les ménages les plus vulnérables et d’organiser une assistance adaptée aux réalités du terrain.
