Le président de l’Union pour la nation congolaise (UNC), Vital Kamerhe, a critiqué la création du Front pour la Refondation de la Nation (FRN), annoncé sous la direction de l’ancien président de la République, Joseph Kabila. Dans une déclaration publique, le député national estime que cette initiative est contradictoire avec les appels à la paix, dès lors qu’elle s’inscrit, selon lui, dans une démarche de recours aux armes pour accéder au pouvoir.
« On ne peut proposer la paix à notre peuple tout en revendiquant le recours aux armes », affirme Vital Kamerhe, qui appelle les acteurs politiques congolais à assumer leurs responsabilités et à privilégier les voies démocratiques.
Pour le président de l’UNC, la création du FRN constitue un tournant important dans la vie politique de la République démocratique du Congo et appelle à une prise de position claire de la part de ceux qui se préoccupent de l’avenir du pays.
Vital Kamerhe reproche à Joseph Kabila de tenir un discours en faveur de la paix tout en prenant, selon lui, la tête de forces qui combattent les institutions de la République. « Les Congolais doivent vous juger sur vos actes », déclare-t-il.
Kamerhe rappelle le bilan de l’ancien président
Dans sa déclaration, Vital Kamerhe revient également sur la conférence de presse de Joseph Kabila du 24 janvier 2018, alors qu’il était encore président de la République. Il rappelle avoir dénoncé, le lendemain, ce qu’il considérait comme des contrevérités dans les propos de l’ancien chef de l’État.
« Aujourd’hui, votre décision rend cette contradiction plus grave encore : vous prétendez sauver un pays en prenant la tête de forces qui combattent ses institutions », écrit-il.
Le président de l’UNC estime par ailleurs que Joseph Kabila ne peut se présenter comme étranger aux difficultés actuelles du pays sans répondre de son propre bilan, après avoir dirigé la RDC pendant 18 ans.
« On n’efface pas son propre bilan en accusant son successeur. Chacun de nous doit avoir la décence d’assumer sa part de responsabilité dans l’histoire tumultueuse de notre pays », souligne Vital Kamerhe, qui rejette toute nouvelle aventure armée comme solution aux problèmes du pays.
Les populations civiles au cœur des préoccupations
Le responsable politique met également en avant les conséquences humaines des conflits armés qui se prolongent dans l’est de la RDC. Il évoque les familles endeuillées, les enfants privés d’école, les femmes exposées aux violences et les populations contraintes d’abandonner leurs terres.
« Après tant d’années de conflits, nous devons regarder les résultats avec lucidité. Les rébellions successives n’ont pas donné aux Congolais la sécurité, la justice et la prospérité partagée qu’ils espèrent », affirme-t-il.
Pour Vital Kamerhe, la priorité doit être de sortir le pays du cycle des violences et de privilégier des mécanismes politiques et démocratiques pour résoudre les différends.
Enfin, le président de l’UNC réaffirme son soutien au chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, et appelle au rejet de la rébellion comme moyen d’accéder au pouvoir.
