Le Gouverneur militaire du Nord-Kivu, le général-major Somo Kakule Évariste, a regagné Beni dimanche 11 octobre 2026, au terme d’une mission officielle à Kampala, en Ouganda. Au cours de ce déplacement, il a notamment abordé avec les responsables ougandais les questions de sécurité, la situation des pêcheurs congolais sur le lac Édouard et la riposte contre l’épidémie d’Ebola qui affecte les deux pays.
S’exprimant devant la presse à son retour, le gouverneur militaire a expliqué que sa mission s’inscrivait notamment dans le cadre d’un forum réunissant les chefs d’état-major généraux des armées africaines autour des opérations militaires autres que la guerre.
« Nous sommes allés en République d’Ouganda dans la suite du chef d’état-major général des Forces armées de la République démocratique du Congo, représenté par le chef d’état-major général adjoint chargé des opérations et du renseignement, dans le cadre d’un grand rendez-vous de tous les chefs d’état-major généraux d’Afrique », a-t-il déclaré.
Au-delà de ce rendez-vous militaire, la mission a permis d’aborder plusieurs préoccupations communes aux deux pays, notamment la gestion des frontières et les difficultés rencontrées par les pêcheurs congolais sur le lac Édouard.
Les pêcheurs congolais et Ebola au cœur des échanges
Le gouverneur militaire a évoqué le cas de pêcheurs congolais interceptés sur le lac Édouard, qui auraient été libérés à la suite de discussions entre les responsables congolais et ougandais.
« Vous avez entendu qu’il y a eu des pêcheurs qui ont été interceptés sur le lac Édouard et qui ont été libérés après que nous avons discuté avec nos collègues ougandais », a précisé Somo Kakule Évariste.
La situation sanitaire a également figuré parmi les sujets abordés. Alors que l’épidémie d’Ebola touche les deux pays, le gouverneur a souligné l’importance d’une coordination entre Kinshasa et Kampala pour trouver des réponses adaptées, malgré la fermeture de la frontière.
« La problématique d’Ebola touche en même temps l’Ouganda et le Congo. La frontière est fermée. On étudie ensemble comment résoudre ce genre de problèmes », a-t-il expliqué.
Cette concertation vise à rechercher des solutions aux difficultés sanitaires transfrontalières dans un contexte où la surveillance épidémiologique et la coordination entre les autorités restent essentielles.
La paix par la voie diplomatique privilégiée
Sur le plan sécuritaire, Somo Kakule Évariste a rappelé les violences auxquelles les populations du Nord-Kivu ont été confrontées, notamment celles attribuées aux groupes armés actifs dans la région. Il a évoqué les conséquences des affrontements et des massacres sur les habitants.
« Nous venons de très loin. Je dirais même que nous sommes des survivants, tous. Mais on oublie vite. Il n’y a pas longtemps, il y a moins de deux ans, nous étions en train de nous faire effacer par le Rwanda et ses complices. Et les populations se sont fait massacrer ici par les ADF », a-t-il affirmé.
Le gouverneur militaire a exprimé l’espoir que les démarches diplomatiques en cours permettront de mettre fin aux violences et de favoriser le retour de la paix dans l’est de la République démocratique du Congo.
« Nous espérons vraiment que la voie de la paix, la voie diplomatique qui est enclenchée aujourd’hui, va continuer pour que la paix revienne très rapidement, parce que nous avons autre chose à faire que de guerroyer », a-t-il déclaré.
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Un appel à la résilience de la population
Somo Kakule Évariste a par ailleurs salué les efforts du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, tout en mettant en avant la résilience des habitants du Nord-Kivu face à l’insécurité et à ses conséquences sur le développement de la province.
« La population du Nord-Kivu, ainsi que tous les gens de bonne foi qui nous appuient, peuvent être fiers d’eux-mêmes d’avoir pu être résilients jusque-là », a-t-il conclu.
Cette mission à Kampala intervient dans un contexte où les défis sécuritaires et sanitaires continuent de peser sur les populations de l’est de la RDC. La coopération entre les autorités congolaises et ougandaises apparaît ainsi comme un enjeu important pour la gestion des questions transfrontalières, la protection des pêcheurs et la lutte contre Ebola.
Christelle Omoyi
